Monday, April 29, 2019

MÜLLER MANASSÉ RUHIMBIKA : UN SUD KIVUTIEN QUI S'EST DISTINGUÉ PAR SA COMPETENCE




Depuis, l'accession de la République Démocratique du Congo à la  l'independance le 30 juin 1960 jusqu'à nos jours, de Joseph Kasavubu*, *Emery Patrice LUMUMBA jusqu'au règne dictatorial de  MOBUTU Sese seko kuku ngbendu wa zabanga* et le feu président *Mzee Laurent- Désiré KABILA* qui,après son assassinat par les ennemis de la paix,avait été succédé  par son fils *Joseph KABILA*  qui a ramené notre pays à une *alternance pacifique* jusqu'à nous organiser les élections du 30 décembre 2018 et auxquelles la commission électorale Nationale indépendante *CENI* a proclamé les résultats et aujourd'hui c'est son Excellence *Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi est chef de l'État,Garant de la Nation...!*  


Il se pose pose le problème d'homme responsable,compétent et modèle,digne, méticuleux, soucieux et pionnier de la bonne gouvernance, car depuis 1960 jusqu'à ce jour on ne cesse de décrier le problème de gestion en province et pourtant le sud Kivu regorge en son sein des hommes capables qui ont des grandes visions au profit des populations ...! 


Plusieurs fois Ministre provincial, *Müller Ruhimbika s'est caractérisé par un travail bien tapé car nommé plusieurs fois ministre dans le Gouvernement *Cishambo,reconduit par son successeur Maître Claude Nyamugabo Bazibuhe,un Gouverneur qui a occupé le fauteuil de Nyamoma pendant 14 mois sous une turbulence grave et que l'on n'a pas laissé le choix malgré son courage et souci de développer son sud Kivu natal,aujourd'hui député national élu massivement dans la circonscription électoral de kabare...!*  L'on se souviendra que *ses compétences l'ont permis d'occuper les ministères clés de la province entre autre le plan,les finances,économie,commerce extérieur,chargé des relations avec la société civile,etc...!*  Tenez ! Alors que beaucoup de nos concitoyens ont choisi, face  à la misère décriée, grandissante, de fuir le pays pour aller résider à l'étranger, laissant leurs frères dans la misère la plus totale, *Müller MANASSÉ RUHIMBIKA s'est investi dans les projets de développement pour soulager tant soit peu la souffrance de ses concitoyens*   


Il fut le premier citoyen dans les hauts plateaux de minembwe à avoir introduit  le système agraire et l'agriculture dans  la culture des pommes de terre et du maïs au moment où la famine faisait des victimes, sauvant ainsi des milliers de vies de ses concitoyens face à l'inertie de l'Etat et ONG.  Par sa disciple, sincérité, la rigueur et l'assiduité au travail, *il est farouche contre la corruption, le détournement, la concussion et l'ethnicisme.   Très appliqué et méticuleux dans son travail au quotidien,  *Müller MANASSÉ RUHIMBIKA reste toujours très attentif aux doléances tant des agents relevant de la tutelle de son Ministère que de ses paisibles concitoyens ; il ne prend jamais des décisions hâtives et plausibles,il a toujours préféré écouter toutes les parties avant de trouver une solution à adopter* 


Disciple fervent de la bonne gouvernance comme en témoignent tous ses agents et collaborateurs, *Müller MANASSÉ RUHIMBIKA* n'a jamais été cité ni trempé dans les affaires de corruption, blanchiment, et argent sale.  Généreux, social et sociable, il assiste toujours beaucoup de des gens sans discrimination aucune.   Sage, discipliné, courtois, loyal, fervent chrétien ( pasteur à L'église 5ieme CELPA PHILADELPHIE ville de Bukavu) il a toujours servi Dieu et ses semblables.  Humble et bien éduqué contrairement au bon nombre de nos concitoyens *détenteurs d'une parcelle de pouvoir.*  


Technocrate, ordonné et disposé dans tout ce qu'il fait,  *Müller Manassé Ruhimbika* n'est pas problématique comme le sont certains hommes , il entretien des bonnes relations avec les ruraux, les citadins et la diaspora de toute les communautés.  


Bref, comme son profil le retrace,  *Müller Manassé Ruhimbika a déjà beaucoup contribué à la stabilisation de notre province et de notre pays, ses différentes prises de position à chaque moment de troubles, *son message n' allant que dans le sens de la paix*.   *Nous pensons qu'à l'avenir , il décrochera UN PRIX NOBEL DE LA PAIX vu ses différentes qualités qui depassent les frontières provinciales et nationales*  


Voilà un modèle à suivre, un cadre exemplaire pour la réussite des chantiers pour la refondation de l'Etat congolais.*   


Papy Aaron Basimarha*  


*Votre Journaliste*

*MÜLLER MANASSÉ RUHIMBIKA : UN SUD KIVUTIEN QUI S'EST DISTINGUÉ PAR SA COMPETENCE* Depuis l'accession de la République Démocratique du Congo à la *l'independance le 30 juin 1960 jusqu'à nos jours*, de *Joseph Kasavubu*, *Emery Patrice LUMUMBA jusqu'au règne dictatorial de MOBUTU Sese seko kuku ngbendu wa zabanga* et le feu président *Mzee Laurent- Désiré KABILA* qui,après son assassinat par les ennemis de la paix,avait été succédé par son fils *Joseph KABILA* qui a ramené notre pays à une *alternance pacifique* jusqu'à nous organiser les élections du 30 décembre 2018 et auxquelles la commission électorale Nationale indépendante *CENI* a proclamé les résultats et aujourd'hui c'est son Excellence *Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi est chef de l'État,Garant de la Nation...!* Il se pose pose le problème d'homme responsable,compétent et modèle,digne, méticuleux, soucieux et pionnier de la bonne gouvernance, car depuis 1960 jusqu'à ce jour on ne cesse de décrier le problème de gestion en province et pourtant le sud Kivu regorge en son sein des hommes capables qui ont des grandes visions au profit des populations ...! Plusieurs fois Ministre provincial, *Müller Ruhimbika s'est caractérisé par un travail bien tapé car nommé plusieurs fois ministre dans le Gouvernement *Cishambo,reconduit par son successeur Maître Claude Nyamugabo Bazibuhe,un Gouverneur qui a occupé le fauteuil de Nyamoma pendant 14 mois sous une turbulence grave et que l'on n'a pas laissé le choix malgré son courage et souci de développer son sud Kivu natal,aujourd'hui député national élu massivement dans la circonscription électoral de kabare...!* L'on se souviendra que *ses compétences l'ont permis d'occuper les ministères clés de la province entre autre le plan,les finances,économie,commerce extérieur,chargé des relations avec la société civile,etc...!* Tenez ! Alors que beaucoup de nos concitoyens ont choisi, face à la misère décriée, grandissante, de fuir le pays pour aller résider à l'étranger, laissant leurs frères dans la misère la plus totale, *Müller MANASSÉ RUHIMBIKA s'est investi dans les projets de développement pour soulager tant soit peu la souffrance de ses concitoyens* 1. Il fut le premier citoyen dans les hauts plateaux de minembwe à avoir introduit le système agraire et l'agriculture dans la culture des pommes de terre et du maïs au moment où la famine faisait des victimes, sauvant ainsi des milliers de vies de ses concitoyens face à l'inertie de l'Etat et ONG. Par sa disciple, sincérité, la rigueur et l'assiduité au travail, *il est farouche contre la corruption, le détournement, la concussion et l'ethnicisme. Très appliqué et méticuleux dans son travail au quotidien, *Müller MANASSÉ RUHIMBIKA reste toujours très attentif aux doléances tant des agents relevant de la tutelle de son Ministère que de ses paisibles concitoyens ; il ne prend jamais des décisions hâtives et plausibles,il a toujours préféré écouter toutes les parties avant de trouver une solution à adopter* Disciple fervent de la bonne gouvernance comme en témoignent tous ses agents et collaborateurs, *Müller MANASSÉ RUHIMBIKA* n'a jamais été cité ni trempé dans les affaires de corruption, blanchiment, et argent sale. Généreux, social et sociable, il assiste toujours beaucoup de des gens sans discrimination aucune. Sage, discipliné, courtois, loyal, fervent chrétien ( pasteur à L'église 5ieme CELPA PHILADELPHIE ville de Bukavu) il a toujours servi Dieu et ses semblables. Humble et bien éduqué contrairement au bon nombre de nos concitoyens *détenteurs d'une parcelle de pouvoir.* Technocrate, ordonné et disposé dans tout ce qu'il fait, *Müller Manassé Ruhimbika* n'est pas problématique comme le sont certains hommes , il entretien des bonnes relations avec les ruraux, les citadins et la diaspora de toute les communautés. Bref, comme son profil le retrace, *Müller Manassé Ruhimbika a déjà beaucoup contribué à la stabilisation de notre province et de notre pays, ses différentes prises de position à chaque moment de troubles, *son message n' allant que dans le sens de la paix*. *Nous pensons qu'à l'avenir , il décrochera UN PRIX NOBEL DE LA PAIX vu ses différentes qualités qui depassent les frontières provinciales et nationales* *Voilà un modèle à suivre, un cadre exemplaire pour la réussite des chantiers pour la refondation de l'Etat congolais.* *Papy Aaron Basimarha* *Votre Journaliste*

Tuesday, April 2, 2019

MEMORANDUM DE LA COMMUNAUTE BANYAMULENGE

MEMORANDUM DE LA COMMUNAUTE BANYAMULENGE


Introduction

Ce mémorandum est produit par la société civile de la communauté Banyamulenge à l'occasion de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Sud Kivu et du Nord Kivu, organisée par l'Etat congolais (RDC).
Son objectif est d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les multiples violations des droits humains dont sont victimes les communautés Tutsi de la RDC et particulièrement les Banyamulenge.
Ce document partage l'expérience de la persécution dont les Banyamulenge ont été victimes depuis des décennies sur le territoire de leur propre pays. Il constitue en outre un véritable cri d'alarme lancé pour une population en danger, menacée d'extermination par les forces négatives et terroristes coalisées, en l'occurrence les Mai Mai congolaises, les EX-FAR/ Interahamwe rwandaises ainsi que les FN-Palipehutu burundaises avec la bénédiction et la complicité du gouvernement de Kinshasa.
Ce document est structuré en quatre points essentiels : une brève présentation des Banyamulenge, l'origine et le développement de la haine anti-tutsi/Banyamulenge en ex-Zaïre, les conséquences de cette situation ainsi que les propositions de solution à cette crise.
1. Brève présentation des Banyamulenge
Les Banyamulenge sont des Tutsi d'origine rwandaise basés sur les hauts plateaux du Sud Kivu à l'Est de la RDC. Selon des sources concordantes, l'établissement des Banyamulenge sur le territoire de l'actuel RDC s'est fait longtemps avant la colonisation de l'Afrique. Ils provenaient de la région de la rive Est de la rivière Ruzizi et du Lac Tanganyika.
D'après Depelchin, les Banyamulenge se trouvaient déjà établis dans la plaine de la Ruzizi entre 1797 et 1890 . Pour Kagame Alexis, les Banyamulenge auraient commencé à occuper l'actuel zone d'Uvira entre 1576 et 1609. Quant à Maquet JJ, l'établissement des Banyamulenge dans la zone d'Uvira se situe au début du 19e siècle.
Ces différents auteurs ont désigné ce peuple tantôt sous le terme 'Tutsi d'Itombwe', tantôt 'Pasteurs d'Itombwe' ou encore 'Banyarwanda'.
Les sources orales consignées par l'administration coloniale rapportent qu'après leur traversée de la Ruzizi, les Banyamulenge s'installèrent à Kakamba dans la plaine de la Ruzizi. Ils n'y resteront pas très longtemps car le climat semi-aride de la plaine, la malaria ainsi que la trypanosomiase bovine les avaient obligés de quitter ce milieu hostile à la vie. Ils arrivèrent ainsi à Mulenge (1800 m d'altitude) où ils s'établiront et deviendront, plus tard, leur grand centre, d'où le toponyme Banyamulenge.
Comme on peut le voir à travers ce rappel, ce peuple s'est installé sur le territoire de l'actuelle RDC il y a de cela plus ou moins 2 siècles. C'est-à-dire bien avant la création de l'Etat Indépendant du Congo (1885-1908), le Congo belge (1908-1960) et le Congo indépendant avec ses différentes appellations : République Démocratique du Congo à l'indépendance, République du Zaïre sous le régime de Mobutu avant d'être rebaptisé Republique Démocratique du Congo sous Laurent Désiré Kabila.
En dépit de ces preuves irréfutables, l'acceptation des Banyamulenge comme des Congolais à part entière a fait couler beaucoup de salive, d'encre et même de sang comme en témoignent les exemples suivants :
• En 1969, par sa lettre n° 212-2220-054-A.I.C-69 du 16 juin 1969 adressée au Commissaire de district du Sud Kivu, le citoyen Gouverneur de province du Kivu, M. TAKIZALA, précise que « les Banyarwanda d'Itombwe (Banyamulenge) sont parmi les ethnies fondatrices de l'Etat Indépendant du Congo et qu'ils sont congolais d'origine ».
• Dix ans après, le Mwami Lenghe, Chef de collectivité Bavila, écrivait dans sa lettre n° 5072/132/1979/FO3MCD/79 du 06 juin 1979, adressée au commissaire de région du Kivu : « l'établissement des Banyamulenge dans ma collectivité date de la fin du XVIIe et le début du 19e siècles. Ces dates sont le résultat d'une enquête minutieuse menée par moi auprès des vieux sages Bavira ».
Malgré tous ces aveux des responsables politiques, pour ne citer que ceux-là ; il est triste, regrettable et fort déplorable de voir que chaque fois que le besoin se présente des 'politiciens' avides du pouvoir n'hésitent pas à falsifier l'histoire pour des intérêts purement et simplement égoïstes et despotiques car ils ne trouvent pas mieux à proposer aux populations congolaises que la division, la discrimination, l'exclusion, la haine, la négation des droits de l'autre jusqu'aux plus élémentaires, y compris le droit à la vie.
2. Naissance et développement de la haine anti-Tutsi/Banyamulenge
• Origines de la haine anti-Tutsi en RDC
Pour bien comprendre les événements de notre temps, il est important si pas nécessaire de nous référer au passé. En effet, suite aux événements malheureux survenus au Rwanda en 1959 quand les premiers massacres collectifs et sélectifs contre les Tutsi furent organisés par les extrémistes hutu sous la houlette du pouvoir colonial ; un sentiment anti-tutsi s'est développé dans la région des Grands Lacs.
Le Tutsi fut alors défini et identifié comme ennemi des Hutu, avec comme argument que les Tutsi, ces 'envahisseurs' minoritaires ne devaient pas diriger les Hutu majoritaires.
L'avènement des régimes de la première et la deuxième république au Rwanda n'a pas du tout contribué à améliorer la situation au Rwanda. Bien au contraire, les divisions ont été cultivées et renforcés mais aussi extrapolées et exportées au delà des frontières nationales. Il s'agissait en réalité de créer une sorte de conscience collective 'bantoue' contre les Tutsi par tous les moyens y compris le génocide.
L'Est de l'ex-Zaïre, zone où se trouvent beaucoup de Rwandophones rendus Congolais par Berlin pour avoir délimité les frontières entre les Etats de manière arbitraire, fut la première destination de cette idéologie. Fondée sur la haine ethnique, celle-ci a fort malheureusement réussi a gagné du terrain et à conquérir des esprits naïfs envahissant ainsi les pays voisins du Rwanda si bien que la question ethnique (hutu-tutsi) a été internationalisée et est actuellement devenue le virus qui ronge la région des Grands Lacs. Ses victimes se comptent aujourd'hui en terme des millions : morts, réfugiés, déplacés, orphelins, veuves et un cortège de malheurs devenus presque le quotidien des habitants de cette région : famine, guerre, massacres, génocide, viols, etc.
Sans prétendre être exhaustif, voici la chronologie du développement de la haine anti-tutsi à travers ses faits marquants.
• Sous le régime de Mobutu
A l'occasion de l'accession du pays à l'indépendance, des conflits entre les Banyamulenge et les autres communautés étaient déjà perceptibles. En 1964 éclate la rébellion muléliste. Partie de l'Ouest du pays, celle-ci atteindra la partie Est de la RDC la même année. En 1965, Mobutu prend le pouvoir. Jusqu'alors il n'y avait vraiement pas des conflits majeurs déclarés entre les Banyamulenge et leurs voisins Bafulero, Bavira, Babembe, etc.
Les Banyamulenge ralliés au pouvoir central s'attireront la haine des autres communautés qui étaient plutôt rangées du côté de la rébellion. Voilà ce qui explique que l'insurrection qui, au départ était dirigée contre le pouvoir de Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) s'est subitement transformée en véritable chasse aux Banyamulenge.
Comme ils combattaient aux côtés des forces loyalistes, les Banyamulenge se sont vus attaquer par leurs voisins. Beaucoup de gens furent tués et leurs biens spoliés. Il y eut les massacres sélectifs de Kirumba (19/02/19966), de Gahwera (juin 1966), de Gatongo (16/08/1966), etc. qui ont fait des centaines des victimes parmi les Banyamulenge.
Entre 1964 et 1984, l'Est de l'ex-Zaïre a été déchirée par cette rébellion qui a fait beaucoup de victimes et de dégâts matériels. Certaines de ses figures de proue ont fait leur réapparition tout récemment, lors de la guerre dite « première guerre de libération », en 1996. Il s'agit entre autres de Laurent Désiré Kabila, ancien chef rebelle dans le maquis de Hewa bora dans la zone de Fizi, de Dunia Aochi, de Ndalo Shabani et de Zabuloni et autres seigneurs de guerre qui aujourd'hui sont devenus des commandants supérieurs de l'armée de Joseph Kabila au sein de laquelle ils occupent des postes stratégiques.
L'année 1984 correspond à la fin de la rébellion muléliste. Mais en réaliste cette année ne marque pas la fin des conflits à caractère ethniques entre les Banyamulenge et leurs voisins.
Certains hommes politiques originaires du Sud Kivu dont Anzuluni Bembe (ancien président de l'Assemblée Nationale Zairoise) et Mwenemalungu (ancien député au parlement) soutenus par le régime de Kinshasa d'alors firent également de la haine contre les Banyamulenge leur cheval de bataille dans les campagnes électorales et chaque fois qu'ils voulaient déstabiliser le Sud Kivu pour se maintenir au pouvoir. Ils alors appelés à plusieurs reprises les populations locales à éliminer physiquement les Banyamulenge et à expulser les rescapés au Rwanda.
Si ce désir ardent n'avait pas été accompli alors, les Banyamulenge avaient été fréquemment victimes de divers supplices, des tortures psychologique, politique et physique (emprisonnements arbitraires et répétitifs, refus de droit d'élire et d'être élu, scènes d'humiliations publiques par l'armée et autres instances de sécurité, etc.).
Dans les années 1990, un slogan se développe dans le Sud Kivu, de Bukavu à Fizi en passant par Uvira, Baraka et d'autres centres côtiers du lac Tanganyika : RRRR (Recensement de Rendre les Rwandais au Rwanda). Ces Rwandais dont il est question ici ne sont autres que les Banyamulenge. Au même moment, un recensement des Banyamulenge est organisé par le pouvoir central sur instigation des hommes politiques originaires du Sud Kivu, afin de connaître le nombre des ces 'étrangers' avant de les expulser vers le Rwanda. Entre temps, les attaques mortelles sont régulièrement organisées contres les pâturages des Banyamulenge, les persécutions, les tortures par l'armée et les services secrets ainsi que les pillages systématiques.
L'idéologie génocidaire contre les Banyamulenge a atteint son paroxysme entre 1993 et 1995. L'arrivée des réfugiés Hutu Burundais et Rwandais du Président Melchior Ndadaye pour les premiers, la guerre et le génocide pour les seconds ont contribué à l'exacerbation de la haine contre les Tutsi congolais que les réfugiés assimilaient aux Tutsi de leurs pays respectifs et qui, en réalité, étaient des témoins gênants pour la création d'une base arrière en RDC en vue d'une éventuelle reconquête du pouvoir au Rwanda et au Burundi.
En 1996, la guerre qui a éclaté contre le régime de Mobutu à partir de l'Est de la RDC a servi de prétexte pour les autorités en vue d'exécuter leur plan génocidaire contre les Tutsi. Elles s'associent aux milices Interahamwe bien 'expérimentés' en matière de génocide après le forfait qu'il avait commis sur les Tutsi du Rwanda en 1994. Au nom de la famille bantoue, les populations locales (Bashi, Babembe, Bavira, Bafulero, etc.) sont vite mobilisées pour exterminer les Tutsi congolais dans le plus bref délai sous le même mobile ethnique.
Ainsi seront organisés les massacres de Bibogobogo, d'Uvira, de Bukavu, de Kamanyola au Sud Kivu et en beaucoup d'autres localités au Nord Kivu, etc. Les populations qui qui n'ont pas fui vers le Rwanda sont réduites au silence et sporadiquement attaquées par les Mai Mai (milice tribale progouvernementale et anti-tutsi). Il s'agit dans toutes ces situations des violations des droits de la personne institutionnalisées par l'Etat.
• Sous Kabila I
L'arrivée de Laurent Désiré Kabila au pouvoir n'a fait qu'empirer la situation des Banyamulenge qui l'avaient pourtant accompagné dans sa longue et pénible marche vers le pouvoir jusqu'à Kinshasa. Après le divorce avec ses alliés Rwandais et Ugandais consommé en juillet 1998, une nouvelle guerre éclata encore à partir de l'Est du pays. Kabila organise la chasse à l'homme Tutsi dans toutes les villes de la RDC. Il commence par les militaires, ceux-là même qui ont combattu pour lui. Il développe une exceptionnelle méchanceté de la population à procéder à l'épuration ethnique des Tutsi et de tous ceux qui leur ressemblent.
Pour y parvenir, il s'entoure d'hommes extrêmement dangereux et extrémistes à l'instar d'un Yerodia Abdoulaye Ndombasi ancien ministre des affaires étrangères et plus tard Vice-président de la république sous Kabila II, récompensé justement pour sa haine prononcée contre les Tutsi. En plus d'un discours à l'accent fasciste, Yerodia est connu pour avoir orchestré les actes de barbarie commis à l'endroit des Tutsi tant civils que militaires dans la ville de Kinshasa. Ce sont ces crimes dont il a à rendre compte devant la Cour Pénale Internationale.
Comme dans tous les génocides, Yerodia, psychanalyste de formation, recourt à la chosification, à la diabolisation de la personne des Tutsi pour effacer les hésitations de la population à tuer, ce qu'il a réussi ! Dans cette logique, il qualifie les Tutsi, et dans les médias, 'des vermines à écraser'.
Comme si cela ne suffisait pas, son Président et ami Laurent Désir é Kabila, faisait des appels pressants en vue d'exterminer les Tutsi. Nous en voulons pour preuve l'extrait de l'un de ses discours génocidaires : « Prenez les lances, flèches, armes…sinon on deviendra esclaves des Tutsi ».
L'une de nombreuses conséquences de cet appel médiatisé fut les massacres sélectifs de 300 sous officiers Tutsi congolais du camp de Kamina en 1998. Pour y parvenir, Kabila a dépêché l'ancien Chef d'Etat major à la présidence, le Colonnel Eddy Kapend avec le Médecin directeur de l'hôpital de la base de Kamina, le Major Vangu en vue d'exterminer les candidats officiers Tutsi. Ces Tutsi furent systématiquement tués par leurs compagnons d'armes à l'instigation de ces hauts responsables sous l'admiration et l'applaudissement de leurs instructeurs Tanzaniens, gagnés eux aussi par l'idéologie bantoue.
La haine ethnique contre les Tutsi, ainsi entretenue et attisé par les sommités de l'Etat ne pouvait que gagner une grande partie de la population. Au Sud Kivu, les relations entre les Banyamulenge et leurs voisins ont été plus envenimées par ces intoxications entraînant ainsi une série de tueries sélectives cycliques qui ont plongé la communauté Banyamulenge dans un deuil interminable qui dure maintenant plus d'une décennie.
• Sous Kabila II
'Tel père, tel fils' dit la sagesse populaire. Joseph Kabila qui passait ironiquement pour sérieux et compréhensif aux yeux de beaucoup de gens n'a pas tardé à prouver qu'il est réellement fils de Kabila et ainsi dévoiler sa vraie face : celle qui le fait ressembler le plus à son père. Sa ruse est ornée d'une méchanceté énorme.
Peu après l'assassinat de son père en 2000, il affiche sa ferme volonté à poursuivre l'idéologie ethnique de feu son père. Pour preuve il nomme Yerodia, criminel de renom, Vice-Président de la république bien que ce dernier soit poursuivi pour crime de génocide perpétré à l'endroit des Tutsi. Ainsi Kabila va s'investir, corps et âme, dans la négation du génocide en protégeant les génocidaires venus d'autres cieux. Plus stratège que son père, il crée et/ou encourage les médias de la haine pour nourrir de son idéologie la plus grande partie de sa population. Le site internet « www. digitalcongo.net » tenu sa sœur, les journaux comme l'Avenir et demain le Congo ainsi que la Radio-Télévision Nationale du Congo (RTNC) constituent les principaux canaux d'endoctrinement à l'idéologie de la haine anti-tutsi.
A titre d'exemple, Demain le Congo affirmait gratuitement fin 2003, que les guerres qui ont secoué la RDC depuis 1996 ont fait 3. 500 000 victimes parmi lesquelles aucun Munyamulenge ! Ce n'est pas parce que ce journal n'était pas au courant que des milliers des Banyamulenge avaient été tué mais parce que sa volonté, son souhait est de las voir exterminer.
Ah, quelle méchanceté, quelle banalisation des événements malheureux qui ont endeuillé continuellement tout un peuple ! Par ailleurs, une des associations des droits humains basée à Kinshasa a eu le courage de dénoncer, mi 2003, le ton génocidaire qu'ont adopté beaucoup d'organes de presse en RDC.
Comme pour 'décentraliser' la campagne de haine ethnique contre le Banyamulenge, les médias ainsi que la société civile de Bukavu au sein de laquelle l'Eglise catholique de Bukavu joue un rôle de premier plan, ont multiplié l'effort d'intoxication ethnique. Il s'agit notamment de la Radio Maria, de la Radio Maendeleo et de la RTNC agence du Sud Kivu.
A plusieurs reprises, ces médias ont préconisé l'extermination des Banyamulenge ou tout au moins leur expulsion comme 'solution finale'. Mais solution à quel problème ? En quoi la physionomie d'un peuple peut-elle être un problème ? Quelle est la forme morphologique qui convient pour se faire accepter au Sud Kivu ?
Suite à cette propagande haineuse par les médias, des populations innocentes Tutsi à Bukavu furent inhumainement tuées entre fin mai et mi juin 2004 par des éléments de la 10e région militaire sous le commandement du Général Mbudja Mabe. La volonté de Joseph Kabila de commettre le génocide contre les Banyamulenge se révèle également à travers la nomination des officiers à la tête de la 10e région militaire (Sud Kivu).
Après le Général Nyabyolwa qui avait reçu officiellement la mission de détruire l'ancienne armée du RCD, en utilisant tous les moyens y compris les tueries des civils innocents et les arrestations arbitraires des officiers à l'insu de son adjoint d'alors, le Colonnel Jules Mutebutsi ; c'était le tour de Général Mbudja Mabe, aussi méchant que son prédécesseur.
C'est lui qui a dirigé la réunion qui a préparé et exécuté le génocide des Banyamulenge réfugiés dans le camp de Gatumba, au Burundi. Si non comment expliquer que les auteurs du forfait de Gatumba soient venus du territoire congolais (Kiliba) où ils se sont repliés après le carnage sans être inquiétés, jusqu'à maintenant ?
Des sources dignes de foi précisent que Mbudja Mabe était entouré des Colonels Mai Mai Dunia, Kayamba et Nakabaka très connus dans la région pour leur extrémisme contre les Tutsi. Ce dernier, commandant de la brigade qui contrôlait alors Uvira n'hésitait pas personnellement à réfuter la nationalité des Banyamulenge arguant que si ceux-ci ne veulent pas 'chez eux' (sous entendu au Rwanda), il résoudra la question à sa manière. Chose promise chose due : il viole les frontières pour aller exterminer les Banyamulenge au Burundi où ils s'étaient réfugiés.
Chose criante, Kabila II a délibérément renforcé les liens avec toutes les forces négatives qui opèrent à l'Est de la RDC dont les Mai Mai, les FNL-PALIPEHUTU du Burundi, les ex-FAR/Interahamwe. Cette coalition génocidaires est responsable du génocide de Gatumba qui a coûté la vie à 166 personnes et rendus des dizaines d'autres vulnérables, incapables de se prendre en charge. Cette barbarie humaine survenue dans la nuit du 13/08/2004 a eu lieu au vu et au su de la communauté internationale, représentée au Burundi par l'ONUB dont le silence jusqu'à cette date laisse songeur.
Depuis ce forfait, le régime de Kinshasa n'a jamais posé un geste de nature à rendre justice : punir les coupables et réhabiliter les victimes. Par contre, il multiplie des actes de provocation et d'exclusion comme le refus de reconnaissance du territoire de Minembwe. Quant à la communauté internationale, elle choisi les manœuvres dilatoires au sujet des investigations au fin de soustraire les responsables de ce crime de la justice.
3. Conséquences
Il serait tout à fait hasardeux de tenter de parler des conséquences d'un génocide aussi long que planifié. Les risques de manque d'exhaustivité sont évidents. Eu égard à ce qui précède, nous nous contentons de mentionner quelques unes de ces conséquences dans les lignes qui suivent :
• La mort des milliers de paisibles Banyamulenge dont des femmes, des enfants et vieillards ;
• La multiplication des orphelins, veuves et autres groupes d'indigents ;
• La naissance et le développement d'une culture de violence au Sud Kivu qui risque de prolonger la région dans une instabilité continue ;
• L'insécurité quasi chronique ;
• L'exile dans les pays limitrophes où les conditions de vie dans les camps des réfugiés les exposent à tous les dangers essentiellement le VIH/SIDA, la famine, l'analphabétisme, etc.
• La perte de confiance des Banyamulenge dans les institutions étatiques de la RDC;
• La pauvreté liée essentiellement aux mouvements de fuites et des déplacements internes au moment des violences ;
• La naissance et le développement du sentiment de criminalité ;
• Le développement de la méfiance mutuelle entre les Banyamulenge et les communautés voisines du Sud Kivu rendant la coexistence pacifique difficile ;
• Les viols sexuels avec toutes les conséquences qu'ils comportent du point de vue sanitaire ;
• La consolidation de la culture d'impunité ;
• La destruction des infrastructures socioéconomiques et le durcissement de la pauvreté au sein de la population du Sud Kivu ;
• La destruction des valeurs humaines, garantes de harmonie sociale ;
• Etc.
4. Pistes de solution et recommandations
Au vu de ce qui précède, la société civile des Banyamulenge demande ce qui suit :
• Rapatrier tous les réfugiés Banyamulenge se trouvant en dehors des frontières nationales et les intégrer sans condition dans la gestion du pays ;
• Mettre en place la politique de bonne gouvernance (transparence dans la gestion de la chose publique, équité et égalité de tous devant la loi, participation de la population à la prise des décisions qui l'intéressent, devoir de rendre compte qui incombe aux dirigeants, sens de responsabilité, réforme institutionnelle, accessibilité et indépendance de la justice, etc.) ;
• Punir sévèrement tous les auteurs des crimes commis à l'endroit des Banyamulenge (à leur degré de responsabilité différent). Cette justice nous semble une voie obligée en vue de la réconciliation des communautés du Sud Kivu ;
• Réparer, dans la mesure du possible, le préjudice tant moral que matériel dont la communauté Banyamulenge a subi en vue de lui redonner sa dignité humaine ainsi que le goût de revivre ensemble avec les autres composantes de la population du Sud Kivu ;
• Mettre fin à la discrimination ethnique dont sont victimes les Banyamulenge à travers les médias de la haine et punir sévèrement les responsables politiques qui se sont rendus tristement célèbres dans la diabolisations des Tutsi congolais aussi bien au niveau national qu'au niveau provincial;
• Organiser une campagne publique de réhumanisation des Tutsi longtemps présentés comme la source des malheurs en RDC ;
• Reconnaître sans délai le territoire de Minembwe, base de développement pour cette communauté ;
• Mettre en place des programmes cohérents et efficaces de lutte contre la pauvreté ;
• Désenclaver les hauts plateaux de Minembwe par l'instauration des infrastructures de développement (routes, hôpitaux, écoles, …) ;
• Mettre hors d'état de nuire toutes les forces négatives opérant au Sud Kivu en vue de redonner à la population une certaine confiance et bâtir une paix durable ;
• Mettre en place une structure décentralisée de dialogue, de vérité et de réconciliation ;
• Libérer sans condition tous les officiers Banyamulenge qui sont injustement aux arrêts ;
• Procéder au mixage de l'armée sans prendre les militaires Banyamulenge en dehors de leur région sachant qu'ils sont menacés d'extermination comme le reste de leur communauté, du moinsMEMORANDUM DE LA COMMUNAUTE BANYAMULENGE
Introduction
Ce mémorandum est produit par la société civile de la communauté Banyamulenge à l'occasion de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Sud Kivu et du Nord Kivu, organisée par l'Etat congolais (RDC).
Son objectif est d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les multiples violations des droits humains dont sont victimes les communautés Tutsi de la RDC et particulièrement les Banyamulenge.
Ce document partage l'expérience de la persécution dont les Banyamulenge ont été victimes depuis des décennies sur le territoire de leur propre pays. Il constitue en outre un véritable cri d'alarme lancé pour une population en danger, menacée d'extermination par les forces négatives et terroristes coalisées, en l'occurrence les Mai Mai congolaises, les EX-FAR/ Interahamwe rwandaises ainsi que les FN-Palipehutu burundaises avec la bénédiction et la complicité du gouvernement de Kinshasa.
Ce document est structuré en quatre points essentiels : une brève présentation des Banyamulenge, l'origine et le développement de la haine anti-tutsi/Banyamulenge en ex-Zaïre, les conséquences de cette situation ainsi que les propositions de solution à cette crise.
1. Brève présentation des Banyamulenge
Les Banyamulenge sont des Tutsi d'origine rwandaise basés sur les hauts plateaux du Sud Kivu à l'Est de la RDC. Selon des sources concordantes, l'établissement des Banyamulenge sur le territoire de l'actuel RDC s'est fait longtemps avant la colonisation de l'Afrique. Ils provenaient de la région de la rive Est de la rivière Ruzizi et du Lac Tanganyika.
D'après Depelchin, les Banyamulenge se trouvaient déjà établis dans la plaine de la Ruzizi entre 1797 et 1890 . Pour Kagame Alexis, les Banyamulenge auraient commencé à occuper l'actuel zone d'Uvira entre 1576 et 1609. Quant à Maquet JJ, l'établissement des Banyamulenge dans la zone d'Uvira se situe au début du 19e siècle.
Ces différents auteurs ont désigné ce peuple tantôt sous le terme 'Tutsi d'Itombwe', tantôt 'Pasteurs d'Itombwe' ou encore 'Banyarwanda'.
Les sources orales consignées par l'administration coloniale rapportent qu'après leur traversée de la Ruzizi, les Banyamulenge s'installèrent à Kakamba dans la plaine de la Ruzizi. Ils n'y resteront pas très longtemps car le climat semi-aride de la plaine, la malaria ainsi que la trypanosomiase bovine les avaient obligés de quitter ce milieu hostile à la vie. Ils arrivèrent ainsi à Mulenge (1800 m d'altitude) où ils s'établiront et deviendront, plus tard, leur grand centre, d'où le toponyme Banyamulenge.
Comme on peut le voir à travers ce rappel, ce peuple s'est installé sur le territoire de l'actuelle RDC il y a de cela plus ou moins 2 siècles. C'est-à-dire bien avant la création de l'Etat Indépendant du Congo (1885-1908), le Congo belge (1908-1960) et le Congo indépendant avec ses différentes appellations : République Démocratique du Congo à l'indépendance, République du Zaïre sous le régime de Mobutu avant d'être rebaptisé Republique Démocratique du Congo sous Laurent Désiré Kabila.
En dépit de ces preuves irréfutables, l'acceptation des Banyamulenge comme des Congolais à part entière a fait couler beaucoup de salive, d'encre et même de sang comme en témoignent les exemples suivants :
• En 1969, par sa lettre n° 212-2220-054-A.I.C-69 du 16 juin 1969 adressée au Commissaire de district du Sud Kivu, le citoyen Gouverneur de province du Kivu, M. TAKIZALA, précise que « les Banyarwanda d'Itombwe (Banyamulenge) sont parmi les ethnies fondatrices de l'Etat Indépendant du Congo et qu'ils sont congolais d'origine ».
• Dix ans après, le Mwami Lenghe, Chef de collectivité Bavila, écrivait dans sa lettre n° 5072/132/1979/FO3MCD/79 du 06 juin 1979, adressée au commissaire de région du Kivu : « l'établissement des Banyamulenge dans ma collectivité date de la fin du XVIIe et le début du 19e siècles. Ces dates sont le résultat d'une enquête minutieuse menée par moi auprès des vieux sages Bavira ».
Malgré tous ces aveux des responsables politiques, pour ne citer que ceux-là ; il est triste, regrettable et fort déplorable de voir que chaque fois que le besoin se présente des 'politiciens' avides du pouvoir n'hésitent pas à falsifier l'histoire pour des intérêts purement et simplement égoïstes et despotiques car ils ne trouvent pas mieux à proposer aux populations congolaises que la division, la discrimination, l'exclusion, la haine, la négation des droits de l'autre jusqu'aux plus élémentaires, y compris le droit à la vie.
2. Naissance et développement de la haine anti-Tutsi/Banyamulenge
• Origines de la haine anti-Tutsi en RDC
Pour bien comprendre les événements de notre temps, il est important si pas nécessaire de nous référer au passé. En effet, suite aux événements malheureux survenus au Rwanda en 1959 quand les premiers massacres collectifs et sélectifs contre les Tutsi furent organisés par les extrémistes hutu sous la houlette du pouvoir colonial ; un sentiment anti-tutsi s'est développé dans la région des Grands Lacs.
Le Tutsi fut alors défini et identifié comme ennemi des Hutu, avec comme argument que les Tutsi, ces 'envahisseurs' minoritaires ne devaient pas diriger les Hutu majoritaires.
L'avènement des régimes de la première et la deuxième république au Rwanda n'a pas du tout contribué à améliorer la situation au Rwanda. Bien au contraire, les divisions ont été cultivées et renforcés mais aussi extrapolées et exportées au delà des frontières nationales. Il s'agissait en réalité de créer une sorte de conscience collective 'bantoue' contre les Tutsi par tous les moyens y compris le génocide.
L'Est de l'ex-Zaïre, zone où se trouvent beaucoup de Rwandophones rendus Congolais par Berlin pour avoir délimité les frontières entre les Etats de manière arbitraire, fut la première destination de cette idéologie. Fondée sur la haine ethnique, celle-ci a fort malheureusement réussi a gagné du terrain et à conquérir des esprits naïfs envahissant ainsi les pays voisins du Rwanda si bien que la question ethnique (hutu-tutsi) a été internationalisée et est actuellement devenue le virus qui ronge la région des Grands Lacs. Ses victimes se comptent aujourd'hui en terme des millions : morts, réfugiés, déplacés, orphelins, veuves et un cortège de malheurs devenus presque le quotidien des habitants de cette région : famine, guerre, massacres, génocide, viols, etc.
Sans prétendre être exhaustif, voici la chronologie du développement de la haine anti-tutsi à travers ses faits marquants.
• Sous le régime de Mobutu
A l'occasion de l'accession du pays à l'indépendance, des conflits entre les Banyamulenge et les autres communautés étaient déjà perceptibles. En 1964 éclate la rébellion muléliste. Partie de l'Ouest du pays, celle-ci atteindra la partie Est de la RDC la même année. En 1965, Mobutu prend le pouvoir. Jusqu'alors il n'y avait vraiement pas des conflits majeurs déclarés entre les Banyamulenge et leurs voisins Bafulero, Bavira, Babembe, etc.
Les Banyamulenge ralliés au pouvoir central s'attireront la haine des autres communautés qui étaient plutôt rangées du côté de la rébellion. Voilà ce qui explique que l'insurrection qui, au départ était dirigée contre le pouvoir de Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) s'est subitement transformée en véritable chasse aux Banyamulenge.
Comme ils combattaient aux côtés des forces loyalistes, les Banyamulenge se sont vus attaquer par leurs voisins. Beaucoup de gens furent tués et leurs biens spoliés. Il y eut les massacres sélectifs de Kirumba (19/02/19966), de Gahwera (juin 1966), de Gatongo (16/08/1966), etc. qui ont fait des centaines des victimes parmi les Banyamulenge.
Entre 1964 et 1984, l'Est de l'ex-Zaïre a été déchirée par cette rébellion qui a fait beaucoup de victimes et de dégâts matériels. Certaines de ses figures de proue ont fait leur réapparition tout récemment, lors de la guerre dite « première guerre de libération », en 1996. Il s'agit entre autres de Laurent Désiré Kabila, ancien chef rebelle dans le maquis de Hewa bora dans la zone de Fizi, de Dunia Aochi, de Ndalo Shabani et de Zabuloni et autres seigneurs de guerre qui aujourd'hui sont devenus des commandants supérieurs de l'armée de Joseph Kabila au sein de laquelle ils occupent des postes stratégiques.
L'année 1984 correspond à la fin de la rébellion muléliste. Mais en réaliste cette année ne marque pas la fin des conflits à caractère ethniques entre les Banyamulenge et leurs voisins.
Certains hommes politiques originaires du Sud Kivu dont Anzuluni Bembe (ancien président de l'Assemblée Nationale Zairoise) et Mwenemalungu (ancien député au parlement) soutenus par le régime de Kinshasa d'alors firent également de la haine contre les Banyamulenge leur cheval de bataille dans les campagnes électorales et chaque fois qu'ils voulaient déstabiliser le Sud Kivu pour se maintenir au pouvoir. Ils alors appelés à plusieurs reprises les populations locales à éliminer physiquement les Banyamulenge et à expulser les rescapés au Rwanda.
Si ce désir ardent n'avait pas été accompli alors, les Banyamulenge avaient été fréquemment victimes de divers supplices, des tortures psychologique, politique et physique (emprisonnements arbitraires et répétitifs, refus de droit d'élire et d'être élu, scènes d'humiliations publiques par l'armée et autres instances de sécurité, etc.).
Dans les années 1990, un slogan se développe dans le Sud Kivu, de Bukavu à Fizi en passant par Uvira, Baraka et d'autres centres côtiers du lac Tanganyika : RRRR (Recensement de Rendre les Rwandais au Rwanda). Ces Rwandais dont il est question ici ne sont autres que les Banyamulenge. Au même moment, un recensement des Banyamulenge est organisé par le pouvoir central sur instigation des hommes politiques originaires du Sud Kivu, afin de connaître le nombre des ces 'étrangers' avant de les expulser vers le Rwanda. Entre temps, les attaques mortelles sont régulièrement organisées contres les pâturages des Banyamulenge, les persécutions, les tortures par l'armée et les services secrets ainsi que les pillages systématiques.
L'idéologie génocidaire contre les Banyamulenge a atteint son paroxysme entre 1993 et 1995. L'arrivée des réfugiés Hutu Burundais et Rwandais du Président Melchior Ndadaye pour les premiers, la guerre et le génocide pour les seconds ont contribué à l'exacerbation de la haine contre les Tutsi congolais que les réfugiés assimilaient aux Tutsi de leurs pays respectifs et qui, en réalité, étaient des témoins gênants pour la création d'une base arrière en RDC en vue d'une éventuelle reconquête du pouvoir au Rwanda et au Burundi.
En 1996, la guerre qui a éclaté contre le régime de Mobutu à partir de l'Est de la RDC a servi de prétexte pour les autorités en vue d'exécuter leur plan génocidaire contre les Tutsi. Elles s'associent aux milices Interahamwe bien 'expérimentés' en matière de génocide après le forfait qu'il avait commis sur les Tutsi du Rwanda en 1994. Au nom de la famille bantoue, les populations locales (Bashi, Babembe, Bavira, Bafulero, etc.) sont vite mobilisées pour exterminer les Tutsi congolais dans le plus bref délai sous le même mobile ethnique.
Ainsi seront organisés les massacres de Bibogobogo, d'Uvira, de Bukavu, de Kamanyola au Sud Kivu et en beaucoup d'autres localités au Nord Kivu, etc. Les populations qui qui n'ont pas fui vers le Rwanda sont réduites au silence et sporadiquement attaquées par les Mai Mai (milice tribale progouvernementale et anti-tutsi). Il s'agit dans toutes ces situations des violations des droits de la personne institutionnalisées par l'Etat.
• Sous Kabila I
L'arrivée de Laurent Désiré Kabila au pouvoir n'a fait qu'empirer la situation des Banyamulenge qui l'avaient pourtant accompagné dans sa longue et pénible marche vers le pouvoir jusqu'à Kinshasa. Après le divorce avec ses alliés Rwandais et Ugandais consommé en juillet 1998, une nouvelle guerre éclata encore à partir de l'Est du pays. Kabila organise la chasse à l'homme Tutsi dans toutes les villes de la RDC. Il commence par les militaires, ceux-là même qui ont combattu pour lui. Il développe une exceptionnelle méchanceté de la population à procéder à l'épuration ethnique des Tutsi et de tous ceux qui leur ressemblent.
Pour y parvenir, il s'entoure d'hommes extrêmement dangereux et extrémistes à l'instar d'un Yerodia Abdoulaye Ndombasi ancien ministre des affaires étrangères et plus tard Vice-président de la république sous Kabila II, récompensé justement pour sa haine prononcée contre les Tutsi. En plus d'un discours à l'accent fasciste, Yerodia est connu pour avoir orchestré les actes de barbarie commis à l'endroit des Tutsi tant civils que militaires dans la ville de Kinshasa. Ce sont ces crimes dont il a à rendre compte devant la Cour Pénale Internationale.
Comme dans tous les génocides, Yerodia, psychanalyste de formation, recourt à la chosification, à la diabolisation de la personne des Tutsi pour effacer les hésitations de la population à tuer, ce qu'il a réussi ! Dans cette logique, il qualifie les Tutsi, et dans les médias, 'des vermines à écraser'.
Comme si cela ne suffisait pas, son Président et ami Laurent Désir é Kabila, faisait des appels pressants en vue d'exterminer les Tutsi. Nous en voulons pour preuve l'extrait de l'un de ses discours génocidaires : « Prenez les lances, flèches, armes…sinon on deviendra esclaves des Tutsi ».
L'une de nombreuses conséquences de cet appel médiatisé fut les massacres sélectifs de 300 sous officiers Tutsi congolais du camp de Kamina en 1998. Pour y parvenir, Kabila a dépêché l'ancien Chef d'Etat major à la présidence, le Colonnel Eddy Kapend avec le Médecin directeur de l'hôpital de la base de Kamina, le Major Vangu en vue d'exterminer les candidats officiers Tutsi. Ces Tutsi furent systématiquement tués par leurs compagnons d'armes à l'instigation de ces hauts responsables sous l'admiration et l'applaudissement de leurs instructeurs Tanzaniens, gagnés eux aussi par l'idéologie bantoue.
La haine ethnique contre les Tutsi, ainsi entretenue et attisé par les sommités de l'Etat ne pouvait que gagner une grande partie de la population. Au Sud Kivu, les relations entre les Banyamulenge et leurs voisins ont été plus envenimées par ces intoxications entraînant ainsi une série de tueries sélectives cycliques qui ont plongé la communauté Banyamulenge dans un deuil interminable qui dure maintenant plus d'une décennie.
• Sous Kabila II
'Tel père, tel fils' dit la sagesse populaire. Joseph Kabila qui passait ironiquement pour sérieux et compréhensif aux yeux de beaucoup de gens n'a pas tardé à prouver qu'il est réellement fils de Kabila et ainsi dévoiler sa vraie face : celle qui le fait ressembler le plus à son père. Sa ruse est ornée d'une méchanceté énorme.
Peu après l'assassinat de son père en 2000, il affiche sa ferme volonté à poursuivre l'idéologie ethnique de feu son père. Pour preuve il nomme Yerodia, criminel de renom, Vice-Président de la république bien que ce dernier soit poursuivi pour crime de génocide perpétré à l'endroit des Tutsi. Ainsi Kabila va s'investir, corps et âme, dans la négation du génocide en protégeant les génocidaires venus d'autres cieux. Plus stratège que son père, il crée et/ou encourage les médias de la haine pour nourrir de son idéologie la plus grande partie de sa population. Le site internet « www. digitalcongo.net » tenu sa sœur, les journaux comme l'Avenir et demain le Congo ainsi que la Radio-Télévision Nationale du Congo (RTNC) constituent les principaux canaux d'endoctrinement à l'idéologie de la haine anti-tutsi.
A titre d'exemple, Demain le Congo affirmait gratuitement fin 2003, que les guerres qui ont secoué la RDC depuis 1996 ont fait 3. 500 000 victimes parmi lesquelles aucun Munyamulenge ! Ce n'est pas parce que ce journal n'était pas au courant que des milliers des Banyamulenge avaient été tué mais parce que sa volonté, son souhait est de las voir exterminer.
Ah, quelle méchanceté, quelle banalisation des événements malheureux qui ont endeuillé continuellement tout un peuple ! Par ailleurs, une des associations des droits humains basée à Kinshasa a eu le courage de dénoncer, mi 2003, le ton génocidaire qu'ont adopté beaucoup d'organes de presse en RDC.
Comme pour 'décentraliser' la campagne de haine ethnique contre le Banyamulenge, les médias ainsi que la société civile de Bukavu au sein de laquelle l'Eglise catholique de Bukavu joue un rôle de premier plan, ont multiplié l'effort d'intoxication ethnique. Il s'agit notamment de la Radio Maria, de la Radio Maendeleo et de la RTNC agence du Sud Kivu.
A plusieurs reprises, ces médias ont préconisé l'extermination des Banyamulenge ou tout au moins leur expulsion comme 'solution finale'. Mais solution à quel problème ? En quoi la physionomie d'un peuple peut-elle être un problème ? Quelle est la forme morphologique qui convient pour se faire accepter au Sud Kivu ?
Suite à cette propagande haineuse par les médias, des populations innocentes Tutsi à Bukavu furent inhumainement tuées entre fin mai et mi juin 2004 par des éléments de la 10e région militaire sous le commandement du Général Mbudja Mabe. La volonté de Joseph Kabila de commettre le génocide contre les Banyamulenge se révèle également à travers la nomination des officiers à la tête de la 10e région militaire (Sud Kivu).
Après le Général Nyabyolwa qui avait reçu officiellement la mission de détruire l'ancienne armée du RCD, en utilisant tous les moyens y compris les tueries des civils innocents et les arrestations arbitraires des officiers à l'insu de son adjoint d'alors, le Colonnel Jules Mutebutsi ; c'était le tour de Général Mbudja Mabe, aussi méchant que son prédécesseur.
C'est lui qui a dirigé la réunion qui a préparé et exécuté le génocide des Banyamulenge réfugiés dans le camp de Gatumba, au Burundi. Si non comment expliquer que les auteurs du forfait de Gatumba soient venus du territoire congolais (Kiliba) où ils se sont repliés après le carnage sans être inquiétés, jusqu'à maintenant ?
Des sources dignes de foi précisent que Mbudja Mabe était entouré des Colonels Mai Mai Dunia, Kayamba et Nakabaka très connus dans la région pour leur extrémisme contre les Tutsi. Ce dernier, commandant de la brigade qui contrôlait alors Uvira n'hésitait pas personnellement à réfuter la nationalité des Banyamulenge arguant que si ceux-ci ne veulent pas 'chez eux' (sous entendu au Rwanda), il résoudra la question à sa manière. Chose promise chose due : il viole les frontières pour aller exterminer les Banyamulenge au Burundi où ils s'étaient réfugiés.
Chose criante, Kabila II a délibérément renforcé les liens avec toutes les forces négatives qui opèrent à l'Est de la RDC dont les Mai Mai, les FNL-PALIPEHUTU du Burundi, les ex-FAR/Interahamwe. Cette coalition génocidaires est responsable du génocide de Gatumba qui a coûté la vie à 166 personnes et rendus des dizaines d'autres vulnérables, incapables de se prendre en charge. Cette barbarie humaine survenue dans la nuit du 13/08/2004 a eu lieu au vu et au su de la communauté internationale, représentée au Burundi par l'ONUB dont le silence jusqu'à cette date laisse songeur.
Depuis ce forfait, le régime de Kinshasa n'a jamais posé un geste de nature à rendre justice : punir les coupables et réhabiliter les victimes. Par contre, il multiplie des actes de provocation et d'exclusion comme le refus de reconnaissance du territoire de Minembwe. Quant à la communauté internationale, elle choisi les manœuvres dilatoires au sujet des investigations au fin de soustraire les responsables de ce crime de la justice.
3. Conséquences
Il serait tout à fait hasardeux de tenter de parler des conséquences d'un génocide aussi long que planifié. Les risques de manque d'exhaustivité sont évidents. Eu égard à ce qui précède, nous nous contentons de mentionner quelques unes de ces conséquences dans les lignes qui suivent :
• La mort des milliers de paisibles Banyamulenge dont des femmes, des enfants et vieillards ;
• La multiplication des orphelins, veuves et autres groupes d'indigents ;
• La naissance et le développement d'une culture de violence au Sud Kivu qui risque de prolonger la région dans une instabilité continue ;
• L'insécurité quasi chronique ;
• L'exile dans les pays limitrophes où les conditions de vie dans les camps des réfugiés les exposent à tous les dangers essentiellement le VIH/SIDA, la famine, l'analphabétisme, etc.
• La perte de confiance des Banyamulenge dans les institutions étatiques de la RDC;
• La pauvreté liée essentiellement aux mouvements de fuites et des déplacements internes au moment des violences ;
• La naissance et le développement du sentiment de criminalité ;
• Le développement de la méfiance mutuelle entre les Banyamulenge et les communautés voisines du Sud Kivu rendant la coexistence pacifique difficile ;
• Les viols sexuels avec toutes les conséquences qu'ils comportent du point de vue sanitaire ;
• La consolidation de la culture d'impunité ;
• La destruction des infrastructures socioéconomiques et le durcissement de la pauvreté au sein de la population du Sud Kivu ;
• La destruction des valeurs humaines, garantes de harmonie sociale ;
• Etc.
4. Pistes de solution et recommandations
Au vu de ce qui précède, la société civile des Banyamulenge demande ce qui suit :
• Rapatrier tous les réfugiés Banyamulenge se trouvant en dehors des frontières nationales et les intégrer sans condition dans la gestion du pays ;
• Mettre en place la politique de bonne gouvernance (transparence dans la gestion de la chose publique, équité et égalité de tous devant la loi, participation de la population à la prise des décisions qui l'intéressent, devoir de rendre compte qui incombe aux dirigeants, sens de responsabilité, réforme institutionnelle, accessibilité et indépendance de la justice, etc.) ;
• Punir sévèrement tous les auteurs des crimes commis à l'endroit des Banyamulenge (à leur degré de responsabilité différent). Cette justice nous semble une voie obligée en vue de la réconciliation des communautés du Sud Kivu ;
• Réparer, dans la mesure du possible, le préjudice tant moral que matériel dont la communauté Banyamulenge a subi en vue de lui redonner sa dignité humaine ainsi que le goût de revivre ensemble avec les autres composantes de la population du Sud Kivu ;
• Mettre fin à la discrimination ethnique dont sont victimes les Banyamulenge à travers les médias de la haine et punir sévèrement les responsables politiques qui se sont rendus tristement célèbres dans la diabolisations des Tutsi congolais aussi bien au niveau national qu'au niveau provincial;
• Organiser une campagne publique de réhumanisation des Tutsi longtemps présentés comme la source des malheurs en RDC ;
• Reconnaître sans délai le territoire de Minembwe, base de développement pour cette communauté ;
• Mettre en place des programmes cohérents et efficaces de lutte contre la pauvreté ;
• Désenclaver les hauts plateaux de Minembwe par l'instauration des infrastructures de développement (routes, hôpitaux, écoles, …) ;
• Mettre hors d'état de nuire toutes les forces négatives opérant au Sud Kivu en vue de redonner à la population une certaine confiance et bâtir une paix durable ;
• Mettre en place une structure décentralisée de dialogue, de vérité et de réconciliation ;
• Libérer sans condition tous les officiers Banyamulenge qui sont injustement aux arrêts ;
• Procéder au mixage de l'armée sans prendre les militaires Banyamulenge en dehors de leur région sachant qu'ils sont menacés d'extermination comme le reste de leur communauté, du moins

Tuesday, March 26, 2019

Kinshasa et Kigali revisitent leur relations





Le président Félix Tshisekedi s'est rendu au Rwanda  ce dimanche 24 mars 2019. Le président Congolais venait d'une autre visite en Angola le Samedi. Curieusement le Président Rwandais Paul Kagame était aussi en Angola juste un jour avant Tshisekedi. Il faut aussi noter que plus tôt dans la journée, le président congolais était en Ouganda pour des entretiens avec son homologue Yoweri Museveni. Sachant le conflit actuelle entre les Présidents Kagame et Museveni on peut se demander qui d'entre les deux Présidents sera plus préféré par le nouveau présent Congolais qui doit faire son choix de partenariat très Stratégiquement. 

Officiellement, ces deux visites ne sont pas tout simplement des visites de courtoisie. Mais, selon des sources de la présidence congolaise, Félix Tshisekedi "a profité de ce déplacement à Entebbe pour parler avec son homologue ougandais, Yoweri Museveni, de la situation sécuritaire perturbée dans le Nord-Kivu par des présumés rebelles ougandais ADF." Et peut-être on peut dire qu'il avait la même motivation pour le Rwanda qui indirectement doit être entrain de menacer de rentrer en RDC si le Congo continue à héberger les rebelles de RNC se trouvant au Sud Kivu. 

Pour beaucoup des gens de la sous région, on se demande si on assiste au début de normalisation des relations entre la RDCongo et le Rwanda. Étant donné l'impression de volonté politique démontrée par le président Tshisekedi, on dirait que le Congo veut à tout prix rétablir des bonnes relations avec ses voisins. 


Tuesday, March 19, 2019

Saturday, March 9, 2019

Mulenge en Danger d’extermination

Minembwe, le 09 Mars, 2019


Il y a de cela une semaine jour pour jour, Minembwe, le dernier des villages de Mulenge a été attaqué par une coalition des forces armées May Mayi. Alors que la population des hauts plateaux d'Itombwe continue d'être victime des attaques et des pillages et tueries de leurs bétails, les autorités politiques supposées être des représentants de Mulenge se taisent d'un silence presque mortel! C'est incroyable!

Depuis le début des attaques on a jamais entendu aucune déclaration venant de leaders politiques Banyamulenge de Kinshasa. Malgré que certains d'eux se sont battus for pour l'agrément de la commune de Minembwe. Mais, hélas! on dirait que la survie politique et intérêt personnels obligent! 

Les attaques contre Minembwe ont fait des dégâts énormes tant humaines que matérielles. Jusqu'à présent on ne sait pas encore le nombre exacte des morts. Car du côté Banyamulenge on parle d'au moins une trentaine plus beaucoup des disparus. Quant aux côtés des assaillants, le nombre reste également inconnu. Les dégâts matériels on en parle même pas. Les miliciens ont pris des milliers des vaches et tués beaucoup d'autres dans l'objectif  d'appauvrir d'avantage la population Banyamulenge déjà appauvrie. Ils ont aussi brûlés au moins trois villages ( Irumba, Nyamurombwe et Biziba); laissant des centaines des familles sans abris dans une contrée quasi enclavée où ils n'ont aucune chance d'avoir une aide extérieure. 


Curieusement, les politiciens ressortissants de Mulenge étant en course de positionnement dans le nouveau gouvernement du Président Félix Tchisekedi préfèrent se taire comme si rien n'était afin de ne pas déranger l'état dont ils espèrent trouvés des postes. C'est triste! 

Ici il faut souligner un facteur extrêmement important concernant l'essor de cette guerre d'aggression à Minembwe. 

Le peuple Banyamulenge sont voué à la disparition si rien ne se fait.  Il faut souligner que ce peuple longtemps marginalisé et longtemps victimise par le gouvernement Congolais a néanmoins  droit à  disposer d'eux même s'il avait le courage de se battre pour l'auto-determination de Mulenge, leur région natale. Car, celle l'auto-determination et non pas l'auto-défense est la seule option pour la survie de ce peuple au risque d'extinction.

Depuis l'indépendance du Congo en 1960, le peuple Banyamulenge a mené des guerres d'auto-défense contre leurs ennemis on dirait naturels-leurs voisins par fois avec la complicité de l'Etat. Un cercle vicieux des guerres et attaques contre Banyamulenge a menacé la survie de ce peuple progressivement. Maintenant que beaucoup des rescapés de ces guerres et massacres perpétuels se sont réfugiés partout au monde, Mulenge risque d'être effacé et oublié complètement. Ce qui est bien sûr le seul objectif principal des voisins ennemis. À moins qu'une solution drastique soit prise par un groupe des courageux leaders révolutionnaires, Mulenge cours un danger éminent d'extination. 

Il est vraiment ridicule de justifier les causes et rationnelle de cette guerre tribale. Car le tribalisme est une idiotie et une primitivite dont souffrent nos voisins. Le tribalisme est la seule racine du mal qui a engendrée les terribles guerres cycliques entre Banyamulenge et autres communautés voisines, telles que baBembe et ba Fuliro. Quelque soit les raisons, une chose est certaine: C'est vraiment assez. 


Assez c'est assez. Nous sommes à l'apogée de cette guerre et d'indifférence et complicité du gouvernement Congolais. La guerre actuelle ne doit plus être combattu à l'ordinaire. Ça doit être une guerre d'autonomie de Mulenge, plutôt qu'une unième guerre d'auto défense cyclique qui nous exterminera tous. Après tout Mulenge n'est pas la Chine populaire. Notre population est petite et a subie autant des massacres et genocides de façon qu'on ne peut plus continuer à s'engager dans des guerres incessantes. Ceci doit être l'aboutissement d'une crise socio-politique, culturelle et économique qui a débuté à la naissance de la République du Congo en 1885 quand l'Afrique fut divisée en différents États. Lorsque le Congo fût fondé par les colons, les Banyamulenge étaient déjà au Congo comme autres peuples congolais. Ils vivaient à Mulenge. C'était chez eux et ça restera toujours chez eux.  Et quand les Congolais comme  autres colonies Africaines se rebellèrent contre l'autorité coloniale belge, le Banyamulenge était là faisant partie des peuples colonisés au Congo entant que éleveurs des vaches. Mais, juste après l'indépendance, le peuple Banyamulenge dévirent cibles des attaques perpétuelles comme quoi ils n'étaient pas aussi Congolais que les autres, mais sujets  Rwandais. Une longue période d'exclusion et discrimination notoire ça n'est suivi jusqu'à ce que la marginalisation aboutira à menace de déportation pour le Rwanda, pays étranger. 

 Malgré tout il faut quand même souligner que le Banyamulenge ont été le premier peuple Kivutien qui a eu le commissaire du peuple (ou d'état) à la personne de l'honorable Muhoza Gisaro, et éventuellement le Vice-président de la République à la personne de Me Azarias Ruberwa, sans pour autant dire des Ministres et plus des généraux au sein de l'armée Congolaise par rapport aux autres Kivutiens, cela ne leurs a pas empêché de continuer abusivement à être  traité  comme si ils sont étrangers dans leur propre pays. 

Finalement, quand on vient de reconnaître officiellement Minembwe ( chef lieu de Mulenge) comme une Commune ( entité administrative), après un très long combat, voilà que nos voisins s'arment jusqu'aux dents et attaquent une fois encore la population Banyamulenge, détruisant et brûlant leurs villages, maison par maison et pillant leurs bétails, avec le seul objectif de anéantir Minembwe comme ils l'ont fait récemment  à d'autres en droits de Mulenge. 

Pendant toutes les épisodes des guerres et attaques, on assiste toujours à une complicité et indifférence macabre du gouvernement contre le peuple Banyamulenge jusqu'au point de  non seulement déstabiliser tout Mulenge, mais aussi à sa destruction presque quasiment totale au su et au vu des autorités tant politiques  que militaires du gouvernement Congolais. 

Alors, on arrive au point où nombreux des Banyamulenge se disent, on en a marre. Assez c'est assez! On ne peut plus prendre ça. Il appartient aux Banyamulenge de se laisser soit expulser définitivement de leur territoire et se voir éparpillés dans des camps de réfugiés dans les pays voisins; Ou de décider de ce prendre en charge comme autres peuples qui ce sont libérés du danger d'extermination. Car notre survie est menacée aujourd'hui que jamais.

Conscients de notre devoir et droit à notre liberté de choisir notre propre destin et l'avenir politique de notre peuple,  

Nous devons d'abord demander au gouvernement Congolais de nous donner l'autonomie totale de Mulenge selon le principe de la charte de nations unies. Et si ce droit n'est pas donné nous devons appeler la communauté internationale à exercer son pouvoir et influence au gouvernement Congolais afin qu'il nous donne l'auto-détermination car il a totalement échoué à nous protéger en tant que minorité à risque d'extermination. 


Friday, March 8, 2019

Lettre ouverte aux Bembe et Fulero

Baruwa kwa ndugu wa Bembe na Wafulero:

Hiyi message nina yi adresser surtout kuba ndugu zetu wa Bembe na Wafuliro. Sana sana kwa wale wenye busara na hekima. 
 Wa ndugu, Mimi nafadhaika saaana moyoni mwangu kuona jinsi watu wazima, wana weza chaguwa ku endeleya ku victimise taifa nzima, ku encourager umwangaji wa damu generation après generation. 
Je, ni kiwango gani cya damu ya wa innocents mutafikiya kusudi mutosheke na mauaji? Ni miliyoni ngapi ya wa Kivutiens munataka muuwishe njoo mutosheke? Ni degree ya pauvreté gani munangoja mufikiye njoo mu réaliser que vita ya ukabila ni ujinga mtupu, na ni voie ya kuendeleye kwa umasikini ( pauvreté) kwa ninyi wore? Ni nombres ngapi ao kiwango gani ya wajane na mayatima wa kivu munaitaji kuona njoo mutosheke ao muelewe kama guerre tribale ni mbaya na haina faida kwa yeyote?
Acha ni wa ulize na mchukuwe wakati wa kuwaza mbele munijibu:
Je, depuis mulianza mapambano na vita ya ukabila nawa nyamulenge, hakuna wa bembe na wafulero wanakufaga? Je, hizo vita zote ni wanyamulenge peke yake wanakufaga? Mimi najuwa tuna wajane na mayatima wengisana wamepoteza wazazi nawatoto juu ya wa Mai Mai wa bembe na wafulero; na ninajua Kama hiyo inawafurahisha ninyi kujuwa. Je, ninyi hamupotezagi watu wenu? Wazazi, vijana, watoto wenu nao wanakufaga? Ao ile ma slogans yenu eti lisasi ni mayi ni ukweli? Est-ce lisasi kutoka bunduki ya munyamulenge ha iuwaki ? Ni mayi kweli? Je, depuis mulianza ku uwa na kunyanganya ngombe za wanyamulenge mumekuwa matajili? Depuis mulianziya campagne ya kutufanya wakimbizi, eti tuko wanyarwanda, si wa Congomani, depuis wakati tukikuwa hatuna ata chef de localité, ao caporale mu service militaire, tulikuwa bado hatuya ishi ata mtu mmoja mu ville Uvira ao Bukavu, tulikuwa hatuna mtu mwenye kuwa na vélo, tunaishi mu manyumba ya majani. Lakini mukashindwa na kututowa kwetu mutugeuze wa refugees na mutufukuze. Sasa kweli leo tulisha kuwa na Vice Président de la République, hamuyakuwa naye depuis la création du Congo, tuko na plus des généraux que vos deux peuples combinés, les officiels supérieurs njo siseme, ba Ministres, députés, des millionnaires, des grands hommes d'affaires, diaspora mature dans des grandes capitales occidentales, leo Minembwe ilisha pita Fizi en development. Pour ne dire que ça. Sasa leo njoo kweli munaona mutatuweza? Leo njoo munazani tutawaogopa?  Tumiyeni hakili ndugu zangu! 
Wandugu wapenzi. Mu ache ile mawazo ya ujinga na upuuzu! Mu ache extrémisme yenye ina endeleya ku tu endeuillée nous tous Kivutiens sans exception. Mu ache turudishe upendo, uhusiayano muzuri, bon voisinage. Tusaidiyane kimaendeleo. Tu inuwe région yétu ya Kivu. Mu ache tu weke ma conditions favorables ku développement ya Kivu. Watu wenu watoke mu pauvreté; tu we tena na Amani kama zamani. Mu ache ku endeleya ku acha wa extrémistes Hutus Burundais et Rwandais wenye waliji ingiza katikati yenu, wanageuka wafulero ao wabembe. Na ninyi munawakubali kuliko sisi tuliishi pamoja depuis ba babu zetu; depuis nos ancêtres d'avant 1885; mais muna embrasser ba Hutu ba muma année 1993/94. Juste juu muna ma puwa yakufanana! Sasa puwa ndefu nafupi, kubwa na ndogo inaongeza ao inapunguziya mwenye nayo nini apart kupitisha makamasi? Watu wenye wali leta chuki na mauaji ya uKabila njoo muna préféré kuliko sisi tukiishi mumanyumba zenu, mukatupangisha kama watoto wenu tukisomeya kwenu pamoja, Fizi, Baraka, Mboko, Uvira, Sange etc. Tukichangiya, tukilala pamoja. Wamama zenu walikuwa wamama zetu, baba zenu, walikuwa ma baba zetu. Tukasomeye kwenu mpaka kumaliza écoles secondaires. Sasa, Leo tumekuwa ma adui? Sisi sote tuendeleye ku uuana kweli? Kila mwaka ni ku uwana, nakurudisha region yetu nyuma mu pauvreté tu! Hiyo kweli njoo muna préférer kuliko Amani? Kuliko ku ungana mukono pamoja tulete maendelo kwetu? Munajuwa des millions des dollars tuko tuna investir mu inchi zingene zenye haziko zetu juu yakukosa amani kwetu? Muna juu ma Hôtels tunaweza jenga Baraka, Fizi, Uvira etc? Kazi yawa vijana wetu wa Kivu? Ku patiya ma credits wa mamans na baba na vijana wanaitaji mutaji/capitale yakuanza business? Ni seme nini? Please please nawasihi wandugu zangu. Mu ache ukabila tufanye maendeleo kwetu. Mimi niki 24 ans mu Nord Amérique, naishi na wengine wa Congolais. Tunapata nationalité après 3 à 5 ans maximum. Lakini kwenye nilizaliwa na baba, nama babu depuis plus de 250 ans. Avant le partage de l'Afrique. Mungali munani ita réfugié! Quelle stupidité! Mu ache ujinga wandugu ili tuwaleteye maendeleo. 
Mimi hiyo njo nawa takiya tufanye. Kwa juu kila Kabila iko sur armée jusqu'aux dents. Capable d'exterminer l'autre. Mais à quoi cela nous profite? 
Chagueni akili, busara na upendo kuliko chuki na kifo ndugu zangu. 

Merci. Mungu awafunuliye hakima na awape upendo. 
Na wapenda saana. MHz