Message destiné aux Médias Nationaux et Internationaux, Aux
ONGs Humanitaire à et Aux Instances Internationales
Le Réseau UMOJA, composé de 25 organisations nationales humanitaires et de développement œuvrant dans les Hauts-Plateaux de Minembwe en province du Sud-Kivu, tient ce petit moment pour porter à l'attention urgente de l'opinion nationale et internationale la situation extrêmement
préoccupante qui prévaut aujourd'hui à Minembwe, dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.
En effet, en ce vendredi 20 février 2026, date de rédaction de la présente note, Minembwe et ses environs traversent une crise d'une gravité extrême. La population civile, en particulier la communauté BANYAMULENGE, subit une détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire. Chaque
minute qui passe aggrave la souffrance des civils. Depuis le 17 février 2026, la coalition composée des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des Forces de défense nationale du Burundi (FDNB), des FDRL, des groupes Wazalendo
et de leurs alliés mercenaires a lancé des attaques contre les positions du groupe armé Twirwaneho, allie au Mouvement du 23 mars, sur les axes de MUKOKO, BICHUMBI, MUTUNDA et RWITSANKUKU, dans la partie est de Minembwe-centre.
Selon des sources locales concordantes, les forces de la coalition gouvernementale utilisent des armes Lourdes de longue portée ainsi que des drones kamikazes dirigés vers des villages habités par des populations civiles, notamment à KARINGI, MUBIDEGU, IRUNDU, MURUBEMBA et KURIKARONGI. Les bombardements, répétés de jour comme de nuit, provoquent des explosions constantes et une pannique permanente. Les enfants ne jouent plus, ne vont plus à l'école et vivent terrés dans la brousse, marqués par un traumatisme profond.
Les parents tentent de protéger leurs familles sans nourriture suffisante, sans eau potable et sans accès aux soins. Les femmes enceintes accouchent dans des conditions dramatiques : dans la brousse, sous la menace des explosions, ou dans des familles d'accueil des villages voisins non encore touchés, sans
assistance médicale adéquate. La mère et l'enfant sont exposés à de graves risques de complications postnatales et de maladies évitables.
Les personnes âgées, souvent incapables de fuir lors des bombardements, restent isolées et vulnérables. Dans le village de Karongi, une femme âgée de plus de 90 ans est restée dans son lit lors des affrontements et a été tuée par 5 balles de la poitrines. Ces actes illustrent l'extrême brutalité des affrontement et de vulnérabilité des civils pris au piège de ces violences.
Les agriculteurs et éleveurs, ne peuvent plus accéder à leurs champs ni à leurs troupeaux. Les terres cultivées sont abandonnées, les récoltes sont détruites dans les champs et les bétails, déjà décimés par les razzias répétées entre 2017 et 2025, sont aujourd'hui tués ou pillés. Pour une communauté agro-pastorale comme celle de Minembwe, cela représente la perte immédiate de moyens de subsistance
et la destruction de son avenir économique.
Alors que la population de Minembwe attendait impartialement le cessez le feu effectif prévus au 18 Février 2026 à 12h00 heure locale, malheureusement depuis le 17 février 2026, ces affrontements se
sont déplacés des lignes de front vers les villages densément habités par les civiles, notamment à KALINGI, BIDEGU, RUBEMBA ET KARONGO. Plusieurs de ces villages ont été complètement détruits, saccagés et incendiés. Des sources locales évoquent plusieurs dizaines de civils tués et blessés, dont des enfants et des femmes. Les nouveaux déplacements de population sont estimés à plus de 20000 personnes, réfugiées dans les villages d'IRUNDU, MUMADEGU, KURIGITAVI ET KUWIMISHASHO, des
localités déjà surpeuplées par des déplacés antérieurs.
Ces déplacés vivent dans des conditions extrêmement précaires, sans abris suffisants, sans nourriture et sans soins médicaux. Chaque jour sans protection ni assistance accroît les risques de malnutrition,
de maladies et de décès évitables. La population vit dans une peur constante. Les enfants présentent
des signes de stress aigu, notamment des insomnies et des pleurs continus. Les liens communautairess sont fragilisés par les déplacements et la séparation des familles.
Les écoles sont fermés faute d'insécurité généralisée. Les deux seuls centres hospitaliers fonctionnels dans la zone dont HG de Minembwe et celui de Mikenge débordés par les maladies et les blessés sont presque aux arrêts par manque des médicaments et la psychose sécuritaire. Les patients meurent au
quotidien faut de prise en charge efficace.
Tous les marchés de Minembwe ne fonctionnent plus sauf celui de vendredi qui reste aussi paralysé par cette situation. Le seul axe d'approvisionnement en produits de première nécessité, Uvira-Kirungu-
Muranvya-Minembwe, est fermé depuis le retrait du M23 à Uvira. Les denrées disponibles sont très rares sur l'ensemble des hauts plateaux et leurs prix montent en flèche. Les familles, privées de revenus, peinent à assurer un repas par jour. L'arrêt des activités économiques accentue les besoins à une assistance humanitaire attendue depuis plusieurs années, malgré de nombreuses alertes.
A ce calvaire, s'ajoute aussi coupure la prolongée des services de télécommunication Vodacom qui àggrave l'isolement de cette population. Actuellement, ces habitants de Minembwe ne peuvent plus communiquer avec leurs proches ni recevoir de soutien financier par transfert mobile M-Pesa le seul
réseau téléphonique qui couvrait cette zone depuis quelque années. Cette rupture entrave également la remontée d'informations fiables, réduisant la visibilité de la crise.
L'ensemble de ces éléments non exhaustives témoigne d'une crise humanitaire complexe, caractérisée par des atteintes graves aux civils, la destruction de ressources vitales, des déplacements massifs et une détérioration rapide des conditions de vie. Sans réponse rapide et coordonnée, la situation risque
de s'aggraver davantage.
Ce qui inquiète profondément les membres du Réseau UMOJA dans cette crise de Minembwe, c'est l'écart flagrant entre l'extrême gravité des violences et le silence qui les entoure. Malgré des exactions aux conséquences dramatiques, un blocus total, neuf années de souffrances continues et de multiples alertes lancées
par la société civile, les chefs coutumiers et le Réseau UMOJA, le monde observer sans réagir.
Les humanitaires documentent pour leurs archives malgré les capacités de plaidoyer, les médias locaux et internationaux restent
discrets, les milieux diplomatiques paraissent peu ou mal informés. Une question demeure : qu'a fait cette population pour mériter un tel sort ?Au regard de ces constats, le Réseau UMOJA appelle :
o A l'arrêt immédiat des hostilités contre les populations civiles de Minembwe ;
o A la protection immédiate et effective des populations civiles, conformément au droit
international humanitaire ;
o Au respect du cessez le feu en faveur de dialogue pour la paix durable ;
o A la restauration de réseau de communications Vodacom sur l'ensemble de zone de
Minembwe ;
o A l'ouverture d'un accès humanitaire sûr et sans entrave sur l'ensemble de la zone des hauts plateaux de Minembwe ;
o Au déploiement urgent de services médicaux d'urgence, incluant la prise en charge chirurgicale et le soutien psychosocial aux personne affectées par cette crise;
o A l'alignement des zones de santé de Minembwe, Itombwe et Hauts plateaux de manière prioritaire et sans conditions aux financements issus des différents partenaires : Fonds humanitaires, Fonds CERF, Fonds de UE et d'autres et mise en place de programmes d'assistance humanitaire d'urgence et de relance des moyens de subsistance ;
Le Réseau UMOJA invite les médias nationaux et internationaux à couvrir avec rigueur la situation de
Minembwe afin que les souffrances des populations civiles soient reconnues. Il exhorte les organisations humanitaires et les partenaires internationaux à se mobiliser sans délai pour prévenir une
détérioration supplémentaire. Les pertes humaines, les destructions matérielles et les traumatismes collectifs exigent une attention immédiate et soutenue.
Le Réseau UMOJA demeure engagé à documenter les impacts sur les civils et à plaider pour une réponse humanitaire proportionnée à l'ampleur des besoins. Une mobilisation urgente, coordonnée et
centrée sur la protection des personnes est indispensable pour préserver des vies et restaurer l'espoir dans les Hauts-Plateaux de Minembwe.
Fait à Bukavu, le vendredi 20 février 2026
RESEAU DES ORGANISATIONS HUMANITAIRES ET DE
DEVELOPPEMENT DES ZONES DE SANTE DE MINEMBWE,
ITOMBWE ET HAUTS PLATEAUX
« RESEAU UMOJA »
Adresse physique : Av de la Montagne,Q.Nyalukemba, Commune d'Ibanda, Ville de Bukavu/RDC
Contacts : E-mail : umojahautsplateaux@gmail.com; Tél: +243970691112
Pour le Réseau UMOJA Manassé SUNZU
John Ruchahanira Rapporteur
Point Focal Plaidoyer
Johnruch77@gmail.com
Tel : +243810809323
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