Tuesday, October 17, 2017

MEMORANDUM DE LA COMMUNAUTE BANYAMULENGE

MEMORANDUM DE LA COMMUNAUTE BANYAMULENGE
Introduction
Ce mémorandum est produit par la société civile de la communauté Banyamulenge à l'occasion de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Sud Kivu et du Nord Kivu, organisée par l'Etat congolais (RDC).
Son objectif est d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les multiples violations des droits humains dont sont victimes les communautés Tutsi de la RDC et particulièrement les Banyamulenge.
Ce document partage l'expérience de la persécution dont les Banyamulenge ont été victimes depuis des décennies sur le territoire de leur propre pays. Il constitue en outre un véritable cri d'alarme lancé pour une population en danger, menacée d'extermination par les forces négatives et terroristes coalisées, en l'occurrence les Mai Mai congolaises, les EX-FAR/ Interahamwe rwandaises ainsi que les FN-Palipehutu burundaises avec la bénédiction et la complicité du gouvernement de Kinshasa.
Ce document est structuré en quatre points essentiels : une brève présentation des Banyamulenge, l'origine et le développement de la haine anti-tutsi/Banyamulenge en ex-Zaïre, les conséquences de cette situation ainsi que les propositions de solution à cette crise.
1. Brève présentation des Banyamulenge
Les Banyamulenge sont des Tutsi d'origine rwandaise basés sur les hauts plateaux du Sud Kivu à l'Est de la RDC. Selon des sources concordantes, l'établissement des Banyamulenge sur le territoire de l'actuel RDC s'est fait longtemps avant la colonisation de l'Afrique. Ils provenaient de la région de la rive Est de la rivière Ruzizi et du Lac Tanganyika.
D'après Depelchin, les Banyamulenge se trouvaient déjà établis dans la plaine de la Ruzizi entre 1797 et 1890 . Pour Kagame Alexis, les Banyamulenge auraient commencé à occuper l'actuel zone d'Uvira entre 1576 et 1609. Quant à Maquet JJ, l'établissement des Banyamulenge dans la zone d'Uvira se situe au début du 19e siècle.
Ces différents auteurs ont désigné ce peuple tantôt sous le terme 'Tutsi d'Itombwe', tantôt 'Pasteurs d'Itombwe' ou encore 'Banyarwanda'.
Les sources orales consignées par l'administration coloniale rapportent qu'après leur traversée de la Ruzizi, les Banyamulenge s'installèrent à Kakamba dans la plaine de la Ruzizi. Ils n'y resteront pas très longtemps car le climat semi-aride de la plaine, la malaria ainsi que la trypanosomiase bovine les avaient obligés de quitter ce milieu hostile à la vie. Ils arrivèrent ainsi à Mulenge (1800 m d'altitude) où ils s'établiront et deviendront, plus tard, leur grand centre, d'où le toponyme Banyamulenge.
Comme on peut le voir à travers ce rappel, ce peuple s'est installé sur le territoire de l'actuelle RDC il y a de cela plus ou moins 2 siècles. C'est-à-dire bien avant la création de l'Etat Indépendant du Congo (1885-1908), le Congo belge (1908-1960) et le Congo indépendant avec ses différentes appellations : République Démocratique du Congo à l'indépendance, République du Zaïre sous le régime de Mobutu avant d'être rebaptisé Republique Démocratique du Congo sous Laurent Désiré Kabila.
En dépit de ces preuves irréfutables, l'acceptation des Banyamulenge comme des Congolais à part entière a fait couler beaucoup de salive, d'encre et même de sang comme en témoignent les exemples suivants :
• En 1969, par sa lettre n° 212-2220-054-A.I.C-69 du 16 juin 1969 adressée au Commissaire de district du Sud Kivu, le citoyen Gouverneur de province du Kivu, M. TAKIZALA, précise que « les Banyarwanda d'Itombwe (Banyamulenge) sont parmi les ethnies fondatrices de l'Etat Indépendant du Congo et qu'ils sont congolais d'origine ».
• Dix ans après, le Mwami Lenghe, Chef de collectivité Bavila, écrivait dans sa lettre n° 5072/132/1979/FO3MCD/79 du 06 juin 1979, adressée au commissaire de région du Kivu : « l'établissement des Banyamulenge dans ma collectivité date de la fin du XVIIe et le début du 19e siècles. Ces dates sont le résultat d'une enquête minutieuse menée par moi auprès des vieux sages Bavira ».
Malgré tous ces aveux des responsables politiques, pour ne citer que ceux-là ; il est triste, regrettable et fort déplorable de voir que chaque fois que le besoin se présente des 'politiciens' avides du pouvoir n'hésitent pas à falsifier l'histoire pour des intérêts purement et simplement égoïstes et despotiques car ils ne trouvent pas mieux à proposer aux populations congolaises que la division, la discrimination, l'exclusion, la haine, la négation des droits de l'autre jusqu'aux plus élémentaires, y compris le droit à la vie.
2. Naissance et développement de la haine anti-Tutsi/Banyamulenge
• Origines de la haine anti-Tutsi en RDC
Pour bien comprendre les événements de notre temps, il est important si pas nécessaire de nous référer au passé. En effet, suite aux événements malheureux survenus au Rwanda en 1959 quand les premiers massacres collectifs et sélectifs contre les Tutsi furent organisés par les extrémistes hutu sous la houlette du pouvoir colonial ; un sentiment anti-tutsi s'est développé dans la région des Grands Lacs.
Le Tutsi fut alors défini et identifié comme ennemi des Hutu, avec comme argument que les Tutsi, ces 'envahisseurs' minoritaires ne devaient pas diriger les Hutu majoritaires.
L'avènement des régimes de la première et la deuxième république au Rwanda n'a pas du tout contribué à améliorer la situation au Rwanda. Bien au contraire, les divisions ont été cultivées et renforcés mais aussi extrapolées et exportées au delà des frontières nationales. Il s'agissait en réalité de créer une sorte de conscience collective 'bantoue' contre les Tutsi par tous les moyens y compris le génocide.
L'Est de l'ex-Zaïre, zone où se trouvent beaucoup de Rwandophones rendus Congolais par Berlin pour avoir délimité les frontières entre les Etats de manière arbitraire, fut la première destination de cette idéologie. Fondée sur la haine ethnique, celle-ci a fort malheureusement réussi a gagné du terrain et à conquérir des esprits naïfs envahissant ainsi les pays voisins du Rwanda si bien que la question ethnique (hutu-tutsi) a été internationalisée et est actuellement devenue le virus qui ronge la région des Grands Lacs. Ses victimes se comptent aujourd'hui en terme des millions : morts, réfugiés, déplacés, orphelins, veuves et un cortège de malheurs devenus presque le quotidien des habitants de cette région : famine, guerre, massacres, génocide, viols, etc.
Sans prétendre être exhaustif, voici la chronologie du développement de la haine anti-tutsi à travers ses faits marquants.
• Sous le régime de Mobutu
A l'occasion de l'accession du pays à l'indépendance, des conflits entre les Banyamulenge et les autres communautés étaient déjà perceptibles. En 1964 éclate la rébellion muléliste. Partie de l'Ouest du pays, celle-ci atteindra la partie Est de la RDC la même année. En 1965, Mobutu prend le pouvoir. Jusqu'alors il n'y avait vraiement pas des conflits majeurs déclarés entre les Banyamulenge et leurs voisins Bafulero, Bavira, Babembe, etc.
Les Banyamulenge ralliés au pouvoir central s'attireront la haine des autres communautés qui étaient plutôt rangées du côté de la rébellion. Voilà ce qui explique que l'insurrection qui, au départ était dirigée contre le pouvoir de Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) s'est subitement transformée en véritable chasse aux Banyamulenge.
Comme ils combattaient aux côtés des forces loyalistes, les Banyamulenge se sont vus attaquer par leurs voisins. Beaucoup de gens furent tués et leurs biens spoliés. Il y eut les massacres sélectifs de Kirumba (19/02/19966), de Gahwera (juin 1966), de Gatongo (16/08/1966), etc. qui ont fait des centaines des victimes parmi les Banyamulenge.
Entre 1964 et 1984, l'Est de l'ex-Zaïre a été déchirée par cette rébellion qui a fait beaucoup de victimes et de dégâts matériels. Certaines de ses figures de proue ont fait leur réapparition tout récemment, lors de la guerre dite « première guerre de libération », en 1996. Il s'agit entre autres de Laurent Désiré Kabila, ancien chef rebelle dans le maquis de Hewa bora dans la zone de Fizi, de Dunia Aochi, de Ndalo Shabani et de Zabuloni et autres seigneurs de guerre qui aujourd'hui sont devenus des commandants supérieurs de l'armée de Joseph Kabila au sein de laquelle ils occupent des postes stratégiques.
L'année 1984 correspond à la fin de la rébellion muléliste. Mais en réaliste cette année ne marque pas la fin des conflits à caractère ethniques entre les Banyamulenge et leurs voisins.
Certains hommes politiques originaires du Sud Kivu dont Anzuluni Bembe (ancien président de l'Assemblée Nationale Zairoise) et Mwenemalungu (ancien député au parlement) soutenus par le régime de Kinshasa d'alors firent également de la haine contre les Banyamulenge leur cheval de bataille dans les campagnes électorales et chaque fois qu'ils voulaient déstabiliser le Sud Kivu pour se maintenir au pouvoir. Ils alors appelés à plusieurs reprises les populations locales à éliminer physiquement les Banyamulenge et à expulser les rescapés au Rwanda.
Si ce désir ardent n'avait pas été accompli alors, les Banyamulenge avaient été fréquemment victimes de divers supplices, des tortures psychologique, politique et physique (emprisonnements arbitraires et répétitifs, refus de droit d'élire et d'être élu, scènes d'humiliations publiques par l'armée et autres instances de sécurité, etc.).
Dans les années 1990, un slogan se développe dans le Sud Kivu, de Bukavu à Fizi en passant par Uvira, Baraka et d'autres centres côtiers du lac Tanganyika : RRRR (Recensement de Rendre les Rwandais au Rwanda). Ces Rwandais dont il est question ici ne sont autres que les Banyamulenge. Au même moment, un recensement des Banyamulenge est organisé par le pouvoir central sur instigation des hommes politiques originaires du Sud Kivu, afin de connaître le nombre des ces 'étrangers' avant de les expulser vers le Rwanda. Entre temps, les attaques mortelles sont régulièrement organisées contres les pâturages des Banyamulenge, les persécutions, les tortures par l'armée et les services secrets ainsi que les pillages systématiques.
L'idéologie génocidaire contre les Banyamulenge a atteint son paroxysme entre 1993 et 1995. L'arrivée des réfugiés Hutu Burundais et Rwandais du Président Melchior Ndadaye pour les premiers, la guerre et le génocide pour les seconds ont contribué à l'exacerbation de la haine contre les Tutsi congolais que les réfugiés assimilaient aux Tutsi de leurs pays respectifs et qui, en réalité, étaient des témoins gênants pour la création d'une base arrière en RDC en vue d'une éventuelle reconquête du pouvoir au Rwanda et au Burundi.
En 1996, la guerre qui a éclaté contre le régime de Mobutu à partir de l'Est de la RDC a servi de prétexte pour les autorités en vue d'exécuter leur plan génocidaire contre les Tutsi. Elles s'associent aux milices Interahamwe bien 'expérimentés' en matière de génocide après le forfait qu'il avait commis sur les Tutsi du Rwanda en 1994. Au nom de la famille bantoue, les populations locales (Bashi, Babembe, Bavira, Bafulero, etc.) sont vite mobilisées pour exterminer les Tutsi congolais dans le plus bref délai sous le même mobile ethnique.
Ainsi seront organisés les massacres de Bibogobogo, d'Uvira, de Bukavu, de Kamanyola au Sud Kivu et en beaucoup d'autres localités au Nord Kivu, etc. Les populations qui qui n'ont pas fui vers le Rwanda sont réduites au silence et sporadiquement attaquées par les Mai Mai (milice tribale progouvernementale et anti-tutsi). Il s'agit dans toutes ces situations des violations des droits de la personne institutionnalisées par l'Etat.
• Sous Kabila I
L'arrivée de Laurent Désiré Kabila au pouvoir n'a fait qu'empirer la situation des Banyamulenge qui l'avaient pourtant accompagné dans sa longue et pénible marche vers le pouvoir jusqu'à Kinshasa. Après le divorce avec ses alliés Rwandais et Ugandais consommé en juillet 1998, une nouvelle guerre éclata encore à partir de l'Est du pays. Kabila organise la chasse à l'homme Tutsi dans toutes les villes de la RDC. Il commence par les militaires, ceux-là même qui ont combattu pour lui. Il développe une exceptionnelle méchanceté de la population à procéder à l'épuration ethnique des Tutsi et de tous ceux qui leur ressemblent.
Pour y parvenir, il s'entoure d'hommes extrêmement dangereux et extrémistes à l'instar d'un Yerodia Abdoulaye Ndombasi ancien ministre des affaires étrangères et plus tard Vice-président de la république sous Kabila II, récompensé justement pour sa haine prononcée contre les Tutsi. En plus d'un discours à l'accent fasciste, Yerodia est connu pour avoir orchestré les actes de barbarie commis à l'endroit des Tutsi tant civils que militaires dans la ville de Kinshasa. Ce sont ces crimes dont il a à rendre compte devant la Cour Pénale Internationale.
Comme dans tous les génocides, Yerodia, psychanalyste de formation, recourt à la chosification, à la diabolisation de la personne des Tutsi pour effacer les hésitations de la population à tuer, ce qu'il a réussi ! Dans cette logique, il qualifie les Tutsi, et dans les médias, 'des vermines à écraser'.
Comme si cela ne suffisait pas, son Président et ami Laurent Désir é Kabila, faisait des appels pressants en vue d'exterminer les Tutsi. Nous en voulons pour preuve l'extrait de l'un de ses discours génocidaires : « Prenez les lances, flèches, armes…sinon on deviendra esclaves des Tutsi ».
L'une de nombreuses conséquences de cet appel médiatisé fut les massacres sélectifs de 300 sous officiers Tutsi congolais du camp de Kamina en 1998. Pour y parvenir, Kabila a dépêché l'ancien Chef d'Etat major à la présidence, le Colonnel Eddy Kapend avec le Médecin directeur de l'hôpital de la base de Kamina, le Major Vangu en vue d'exterminer les candidats officiers Tutsi. Ces Tutsi furent systématiquement tués par leurs compagnons d'armes à l'instigation de ces hauts responsables sous l'admiration et l'applaudissement de leurs instructeurs Tanzaniens, gagnés eux aussi par l'idéologie bantoue.
La haine ethnique contre les Tutsi, ainsi entretenue et attisé par les sommités de l'Etat ne pouvait que gagner une grande partie de la population. Au Sud Kivu, les relations entre les Banyamulenge et leurs voisins ont été plus envenimées par ces intoxications entraînant ainsi une série de tueries sélectives cycliques qui ont plongé la communauté Banyamulenge dans un deuil interminable qui dure maintenant plus d'une décennie.
• Sous Kabila II
'Tel père, tel fils' dit la sagesse populaire. Joseph Kabila qui passait ironiquement pour sérieux et compréhensif aux yeux de beaucoup de gens n'a pas tardé à prouver qu'il est réellement fils de Kabila et ainsi dévoiler sa vraie face : celle qui le fait ressembler le plus à son père. Sa ruse est ornée d'une méchanceté énorme.
Peu après l'assassinat de son père en 2000, il affiche sa ferme volonté à poursuivre l'idéologie ethnique de feu son père. Pour preuve il nomme Yerodia, criminel de renom, Vice-Président de la république bien que ce dernier soit poursuivi pour crime de génocide perpétré à l'endroit des Tutsi. Ainsi Kabila va s'investir, corps et âme, dans la négation du génocide en protégeant les génocidaires venus d'autres cieux. Plus stratège que son père, il crée et/ou encourage les médias de la haine pour nourrir de son idéologie la plus grande partie de sa population. Le site internet « www. digitalcongo.net » tenu sa sœur, les journaux comme l'Avenir et demain le Congo ainsi que la Radio-Télévision Nationale du Congo (RTNC) constituent les principaux canaux d'endoctrinement à l'idéologie de la haine anti-tutsi.
A titre d'exemple, Demain le Congo affirmait gratuitement fin 2003, que les guerres qui ont secoué la RDC depuis 1996 ont fait 3. 500 000 victimes parmi lesquelles aucun Munyamulenge ! Ce n'est pas parce que ce journal n'était pas au courant que des milliers des Banyamulenge avaient été tué mais parce que sa volonté, son souhait est de las voir exterminer.
Ah, quelle méchanceté, quelle banalisation des événements malheureux qui ont endeuillé continuellement tout un peuple ! Par ailleurs, une des associations des droits humains basée à Kinshasa a eu le courage de dénoncer, mi 2003, le ton génocidaire qu'ont adopté beaucoup d'organes de presse en RDC.
Comme pour 'décentraliser' la campagne de haine ethnique contre le Banyamulenge, les médias ainsi que la société civile de Bukavu au sein de laquelle l'Eglise catholique de Bukavu joue un rôle de premier plan, ont multiplié l'effort d'intoxication ethnique. Il s'agit notamment de la Radio Maria, de la Radio Maendeleo et de la RTNC agence du Sud Kivu.
A plusieurs reprises, ces médias ont préconisé l'extermination des Banyamulenge ou tout au moins leur expulsion comme 'solution finale'. Mais solution à quel problème ? En quoi la physionomie d'un peuple peut-elle être un problème ? Quelle est la forme morphologique qui convient pour se faire accepter au Sud Kivu ?
Suite à cette propagande haineuse par les médias, des populations innocentes Tutsi à Bukavu furent inhumainement tuées entre fin mai et mi juin 2004 par des éléments de la 10e région militaire sous le commandement du Général Mbudja Mabe. La volonté de Joseph Kabila de commettre le génocide contre les Banyamulenge se révèle également à travers la nomination des officiers à la tête de la 10e région militaire (Sud Kivu).
Après le Général Nyabyolwa qui avait reçu officiellement la mission de détruire l'ancienne armée du RCD, en utilisant tous les moyens y compris les tueries des civils innocents et les arrestations arbitraires des officiers à l'insu de son adjoint d'alors, le Colonnel Jules Mutebutsi ; c'était le tour de Général Mbudja Mabe, aussi méchant que son prédécesseur.
C'est lui qui a dirigé la réunion qui a préparé et exécuté le génocide des Banyamulenge réfugiés dans le camp de Gatumba, au Burundi. Si non comment expliquer que les auteurs du forfait de Gatumba soient venus du territoire congolais (Kiliba) où ils se sont repliés après le carnage sans être inquiétés, jusqu'à maintenant ?
Des sources dignes de foi précisent que Mbudja Mabe était entouré des Colonels Mai Mai Dunia, Kayamba et Nakabaka très connus dans la région pour leur extrémisme contre les Tutsi. Ce dernier, commandant de la brigade qui contrôlait alors Uvira n'hésitait pas personnellement à réfuter la nationalité des Banyamulenge arguant que si ceux-ci ne veulent pas 'chez eux' (sous entendu au Rwanda), il résoudra la question à sa manière. Chose promise chose due : il viole les frontières pour aller exterminer les Banyamulenge au Burundi où ils s'étaient réfugiés.
Chose criante, Kabila II a délibérément renforcé les liens avec toutes les forces négatives qui opèrent à l'Est de la RDC dont les Mai Mai, les FNL-PALIPEHUTU du Burundi, les ex-FAR/Interahamwe. Cette coalition génocidaires est responsable du génocide de Gatumba qui a coûté la vie à 166 personnes et rendus des dizaines d'autres vulnérables, incapables de se prendre en charge. Cette barbarie humaine survenue dans la nuit du 13/08/2004 a eu lieu au vu et au su de la communauté internationale, représentée au Burundi par l'ONUB dont le silence jusqu'à cette date laisse songeur.
Depuis ce forfait, le régime de Kinshasa n'a jamais posé un geste de nature à rendre justice : punir les coupables et réhabiliter les victimes. Par contre, il multiplie des actes de provocation et d'exclusion comme le refus de reconnaissance du territoire de Minembwe. Quant à la communauté internationale, elle choisi les manœuvres dilatoires au sujet des investigations au fin de soustraire les responsables de ce crime de la justice.
3. Conséquences
Il serait tout à fait hasardeux de tenter de parler des conséquences d'un génocide aussi long que planifié. Les risques de manque d'exhaustivité sont évidents. Eu égard à ce qui précède, nous nous contentons de mentionner quelques unes de ces conséquences dans les lignes qui suivent :
• La mort des milliers de paisibles Banyamulenge dont des femmes, des enfants et vieillards ;
• La multiplication des orphelins, veuves et autres groupes d'indigents ;
• La naissance et le développement d'une culture de violence au Sud Kivu qui risque de prolonger la région dans une instabilité continue ;
• L'insécurité quasi chronique ;
• L'exile dans les pays limitrophes où les conditions de vie dans les camps des réfugiés les exposent à tous les dangers essentiellement le VIH/SIDA, la famine, l'analphabétisme, etc.
• La perte de confiance des Banyamulenge dans les institutions étatiques de la RDC;
• La pauvreté liée essentiellement aux mouvements de fuites et des déplacements internes au moment des violences ;
• La naissance et le développement du sentiment de criminalité ;
• Le développement de la méfiance mutuelle entre les Banyamulenge et les communautés voisines du Sud Kivu rendant la coexistence pacifique difficile ;
• Les viols sexuels avec toutes les conséquences qu'ils comportent du point de vue sanitaire ;
• La consolidation de la culture d'impunité ;
• La destruction des infrastructures socioéconomiques et le durcissement de la pauvreté au sein de la population du Sud Kivu ;
• La destruction des valeurs humaines, garantes de harmonie sociale ;
• Etc.
4. Pistes de solution et recommandations
Au vu de ce qui précède, la société civile des Banyamulenge demande ce qui suit :
• Rapatrier tous les réfugiés Banyamulenge se trouvant en dehors des frontières nationales et les intégrer sans condition dans la gestion du pays ;
• Mettre en place la politique de bonne gouvernance (transparence dans la gestion de la chose publique, équité et égalité de tous devant la loi, participation de la population à la prise des décisions qui l'intéressent, devoir de rendre compte qui incombe aux dirigeants, sens de responsabilité, réforme institutionnelle, accessibilité et indépendance de la justice, etc.) ;
• Punir sévèrement tous les auteurs des crimes commis à l'endroit des Banyamulenge (à leur degré de responsabilité différent). Cette justice nous semble une voie obligée en vue de la réconciliation des communautés du Sud Kivu ;
• Réparer, dans la mesure du possible, le préjudice tant moral que matériel dont la communauté Banyamulenge a subi en vue de lui redonner sa dignité humaine ainsi que le goût de revivre ensemble avec les autres composantes de la population du Sud Kivu ;
• Mettre fin à la discrimination ethnique dont sont victimes les Banyamulenge à travers les médias de la haine et punir sévèrement les responsables politiques qui se sont rendus tristement célèbres dans la diabolisations des Tutsi congolais aussi bien au niveau national qu'au niveau provincial;
• Organiser une campagne publique de réhumanisation des Tutsi longtemps présentés comme la source des malheurs en RDC ;
• Reconnaître sans délai le territoire de Minembwe, base de développement pour cette communauté ;
• Mettre en place des programmes cohérents et efficaces de lutte contre la pauvreté ;
• Désenclaver les hauts plateaux de Minembwe par l'instauration des infrastructures de développement (routes, hôpitaux, écoles, …) ;
• Mettre hors d'état de nuire toutes les forces négatives opérant au Sud Kivu en vue de redonner à la population une certaine confiance et bâtir une paix durable ;
• Mettre en place une structure décentralisée de dialogue, de vérité et de réconciliation ;
• Libérer sans condition tous les officiers Banyamulenge qui sont injustement aux arrêts ;
• Procéder au mixage de l'armée sans prendre les militaires Banyamulenge en dehors de leur région sachant qu'ils sont menacés d'extermination comme le reste de leur communauté, du moinsMEMORANDUM DE LA COMMUNAUTE BANYAMULENGE
Introduction
Ce mémorandum est produit par la société civile de la communauté Banyamulenge à l'occasion de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Sud Kivu et du Nord Kivu, organisée par l'Etat congolais (RDC).
Son objectif est d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les multiples violations des droits humains dont sont victimes les communautés Tutsi de la RDC et particulièrement les Banyamulenge.
Ce document partage l'expérience de la persécution dont les Banyamulenge ont été victimes depuis des décennies sur le territoire de leur propre pays. Il constitue en outre un véritable cri d'alarme lancé pour une population en danger, menacée d'extermination par les forces négatives et terroristes coalisées, en l'occurrence les Mai Mai congolaises, les EX-FAR/ Interahamwe rwandaises ainsi que les FN-Palipehutu burundaises avec la bénédiction et la complicité du gouvernement de Kinshasa.
Ce document est structuré en quatre points essentiels : une brève présentation des Banyamulenge, l'origine et le développement de la haine anti-tutsi/Banyamulenge en ex-Zaïre, les conséquences de cette situation ainsi que les propositions de solution à cette crise.
1. Brève présentation des Banyamulenge
Les Banyamulenge sont des Tutsi d'origine rwandaise basés sur les hauts plateaux du Sud Kivu à l'Est de la RDC. Selon des sources concordantes, l'établissement des Banyamulenge sur le territoire de l'actuel RDC s'est fait longtemps avant la colonisation de l'Afrique. Ils provenaient de la région de la rive Est de la rivière Ruzizi et du Lac Tanganyika.
D'après Depelchin, les Banyamulenge se trouvaient déjà établis dans la plaine de la Ruzizi entre 1797 et 1890 . Pour Kagame Alexis, les Banyamulenge auraient commencé à occuper l'actuel zone d'Uvira entre 1576 et 1609. Quant à Maquet JJ, l'établissement des Banyamulenge dans la zone d'Uvira se situe au début du 19e siècle.
Ces différents auteurs ont désigné ce peuple tantôt sous le terme 'Tutsi d'Itombwe', tantôt 'Pasteurs d'Itombwe' ou encore 'Banyarwanda'.
Les sources orales consignées par l'administration coloniale rapportent qu'après leur traversée de la Ruzizi, les Banyamulenge s'installèrent à Kakamba dans la plaine de la Ruzizi. Ils n'y resteront pas très longtemps car le climat semi-aride de la plaine, la malaria ainsi que la trypanosomiase bovine les avaient obligés de quitter ce milieu hostile à la vie. Ils arrivèrent ainsi à Mulenge (1800 m d'altitude) où ils s'établiront et deviendront, plus tard, leur grand centre, d'où le toponyme Banyamulenge.
Comme on peut le voir à travers ce rappel, ce peuple s'est installé sur le territoire de l'actuelle RDC il y a de cela plus ou moins 2 siècles. C'est-à-dire bien avant la création de l'Etat Indépendant du Congo (1885-1908), le Congo belge (1908-1960) et le Congo indépendant avec ses différentes appellations : République Démocratique du Congo à l'indépendance, République du Zaïre sous le régime de Mobutu avant d'être rebaptisé Republique Démocratique du Congo sous Laurent Désiré Kabila.
En dépit de ces preuves irréfutables, l'acceptation des Banyamulenge comme des Congolais à part entière a fait couler beaucoup de salive, d'encre et même de sang comme en témoignent les exemples suivants :
• En 1969, par sa lettre n° 212-2220-054-A.I.C-69 du 16 juin 1969 adressée au Commissaire de district du Sud Kivu, le citoyen Gouverneur de province du Kivu, M. TAKIZALA, précise que « les Banyarwanda d'Itombwe (Banyamulenge) sont parmi les ethnies fondatrices de l'Etat Indépendant du Congo et qu'ils sont congolais d'origine ».
• Dix ans après, le Mwami Lenghe, Chef de collectivité Bavila, écrivait dans sa lettre n° 5072/132/1979/FO3MCD/79 du 06 juin 1979, adressée au commissaire de région du Kivu : « l'établissement des Banyamulenge dans ma collectivité date de la fin du XVIIe et le début du 19e siècles. Ces dates sont le résultat d'une enquête minutieuse menée par moi auprès des vieux sages Bavira ».
Malgré tous ces aveux des responsables politiques, pour ne citer que ceux-là ; il est triste, regrettable et fort déplorable de voir que chaque fois que le besoin se présente des 'politiciens' avides du pouvoir n'hésitent pas à falsifier l'histoire pour des intérêts purement et simplement égoïstes et despotiques car ils ne trouvent pas mieux à proposer aux populations congolaises que la division, la discrimination, l'exclusion, la haine, la négation des droits de l'autre jusqu'aux plus élémentaires, y compris le droit à la vie.
2. Naissance et développement de la haine anti-Tutsi/Banyamulenge
• Origines de la haine anti-Tutsi en RDC
Pour bien comprendre les événements de notre temps, il est important si pas nécessaire de nous référer au passé. En effet, suite aux événements malheureux survenus au Rwanda en 1959 quand les premiers massacres collectifs et sélectifs contre les Tutsi furent organisés par les extrémistes hutu sous la houlette du pouvoir colonial ; un sentiment anti-tutsi s'est développé dans la région des Grands Lacs.
Le Tutsi fut alors défini et identifié comme ennemi des Hutu, avec comme argument que les Tutsi, ces 'envahisseurs' minoritaires ne devaient pas diriger les Hutu majoritaires.
L'avènement des régimes de la première et la deuxième république au Rwanda n'a pas du tout contribué à améliorer la situation au Rwanda. Bien au contraire, les divisions ont été cultivées et renforcés mais aussi extrapolées et exportées au delà des frontières nationales. Il s'agissait en réalité de créer une sorte de conscience collective 'bantoue' contre les Tutsi par tous les moyens y compris le génocide.
L'Est de l'ex-Zaïre, zone où se trouvent beaucoup de Rwandophones rendus Congolais par Berlin pour avoir délimité les frontières entre les Etats de manière arbitraire, fut la première destination de cette idéologie. Fondée sur la haine ethnique, celle-ci a fort malheureusement réussi a gagné du terrain et à conquérir des esprits naïfs envahissant ainsi les pays voisins du Rwanda si bien que la question ethnique (hutu-tutsi) a été internationalisée et est actuellement devenue le virus qui ronge la région des Grands Lacs. Ses victimes se comptent aujourd'hui en terme des millions : morts, réfugiés, déplacés, orphelins, veuves et un cortège de malheurs devenus presque le quotidien des habitants de cette région : famine, guerre, massacres, génocide, viols, etc.
Sans prétendre être exhaustif, voici la chronologie du développement de la haine anti-tutsi à travers ses faits marquants.
• Sous le régime de Mobutu
A l'occasion de l'accession du pays à l'indépendance, des conflits entre les Banyamulenge et les autres communautés étaient déjà perceptibles. En 1964 éclate la rébellion muléliste. Partie de l'Ouest du pays, celle-ci atteindra la partie Est de la RDC la même année. En 1965, Mobutu prend le pouvoir. Jusqu'alors il n'y avait vraiement pas des conflits majeurs déclarés entre les Banyamulenge et leurs voisins Bafulero, Bavira, Babembe, etc.
Les Banyamulenge ralliés au pouvoir central s'attireront la haine des autres communautés qui étaient plutôt rangées du côté de la rébellion. Voilà ce qui explique que l'insurrection qui, au départ était dirigée contre le pouvoir de Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) s'est subitement transformée en véritable chasse aux Banyamulenge.
Comme ils combattaient aux côtés des forces loyalistes, les Banyamulenge se sont vus attaquer par leurs voisins. Beaucoup de gens furent tués et leurs biens spoliés. Il y eut les massacres sélectifs de Kirumba (19/02/19966), de Gahwera (juin 1966), de Gatongo (16/08/1966), etc. qui ont fait des centaines des victimes parmi les Banyamulenge.
Entre 1964 et 1984, l'Est de l'ex-Zaïre a été déchirée par cette rébellion qui a fait beaucoup de victimes et de dégâts matériels. Certaines de ses figures de proue ont fait leur réapparition tout récemment, lors de la guerre dite « première guerre de libération », en 1996. Il s'agit entre autres de Laurent Désiré Kabila, ancien chef rebelle dans le maquis de Hewa bora dans la zone de Fizi, de Dunia Aochi, de Ndalo Shabani et de Zabuloni et autres seigneurs de guerre qui aujourd'hui sont devenus des commandants supérieurs de l'armée de Joseph Kabila au sein de laquelle ils occupent des postes stratégiques.
L'année 1984 correspond à la fin de la rébellion muléliste. Mais en réaliste cette année ne marque pas la fin des conflits à caractère ethniques entre les Banyamulenge et leurs voisins.
Certains hommes politiques originaires du Sud Kivu dont Anzuluni Bembe (ancien président de l'Assemblée Nationale Zairoise) et Mwenemalungu (ancien député au parlement) soutenus par le régime de Kinshasa d'alors firent également de la haine contre les Banyamulenge leur cheval de bataille dans les campagnes électorales et chaque fois qu'ils voulaient déstabiliser le Sud Kivu pour se maintenir au pouvoir. Ils alors appelés à plusieurs reprises les populations locales à éliminer physiquement les Banyamulenge et à expulser les rescapés au Rwanda.
Si ce désir ardent n'avait pas été accompli alors, les Banyamulenge avaient été fréquemment victimes de divers supplices, des tortures psychologique, politique et physique (emprisonnements arbitraires et répétitifs, refus de droit d'élire et d'être élu, scènes d'humiliations publiques par l'armée et autres instances de sécurité, etc.).
Dans les années 1990, un slogan se développe dans le Sud Kivu, de Bukavu à Fizi en passant par Uvira, Baraka et d'autres centres côtiers du lac Tanganyika : RRRR (Recensement de Rendre les Rwandais au Rwanda). Ces Rwandais dont il est question ici ne sont autres que les Banyamulenge. Au même moment, un recensement des Banyamulenge est organisé par le pouvoir central sur instigation des hommes politiques originaires du Sud Kivu, afin de connaître le nombre des ces 'étrangers' avant de les expulser vers le Rwanda. Entre temps, les attaques mortelles sont régulièrement organisées contres les pâturages des Banyamulenge, les persécutions, les tortures par l'armée et les services secrets ainsi que les pillages systématiques.
L'idéologie génocidaire contre les Banyamulenge a atteint son paroxysme entre 1993 et 1995. L'arrivée des réfugiés Hutu Burundais et Rwandais du Président Melchior Ndadaye pour les premiers, la guerre et le génocide pour les seconds ont contribué à l'exacerbation de la haine contre les Tutsi congolais que les réfugiés assimilaient aux Tutsi de leurs pays respectifs et qui, en réalité, étaient des témoins gênants pour la création d'une base arrière en RDC en vue d'une éventuelle reconquête du pouvoir au Rwanda et au Burundi.
En 1996, la guerre qui a éclaté contre le régime de Mobutu à partir de l'Est de la RDC a servi de prétexte pour les autorités en vue d'exécuter leur plan génocidaire contre les Tutsi. Elles s'associent aux milices Interahamwe bien 'expérimentés' en matière de génocide après le forfait qu'il avait commis sur les Tutsi du Rwanda en 1994. Au nom de la famille bantoue, les populations locales (Bashi, Babembe, Bavira, Bafulero, etc.) sont vite mobilisées pour exterminer les Tutsi congolais dans le plus bref délai sous le même mobile ethnique.
Ainsi seront organisés les massacres de Bibogobogo, d'Uvira, de Bukavu, de Kamanyola au Sud Kivu et en beaucoup d'autres localités au Nord Kivu, etc. Les populations qui qui n'ont pas fui vers le Rwanda sont réduites au silence et sporadiquement attaquées par les Mai Mai (milice tribale progouvernementale et anti-tutsi). Il s'agit dans toutes ces situations des violations des droits de la personne institutionnalisées par l'Etat.
• Sous Kabila I
L'arrivée de Laurent Désiré Kabila au pouvoir n'a fait qu'empirer la situation des Banyamulenge qui l'avaient pourtant accompagné dans sa longue et pénible marche vers le pouvoir jusqu'à Kinshasa. Après le divorce avec ses alliés Rwandais et Ugandais consommé en juillet 1998, une nouvelle guerre éclata encore à partir de l'Est du pays. Kabila organise la chasse à l'homme Tutsi dans toutes les villes de la RDC. Il commence par les militaires, ceux-là même qui ont combattu pour lui. Il développe une exceptionnelle méchanceté de la population à procéder à l'épuration ethnique des Tutsi et de tous ceux qui leur ressemblent.
Pour y parvenir, il s'entoure d'hommes extrêmement dangereux et extrémistes à l'instar d'un Yerodia Abdoulaye Ndombasi ancien ministre des affaires étrangères et plus tard Vice-président de la république sous Kabila II, récompensé justement pour sa haine prononcée contre les Tutsi. En plus d'un discours à l'accent fasciste, Yerodia est connu pour avoir orchestré les actes de barbarie commis à l'endroit des Tutsi tant civils que militaires dans la ville de Kinshasa. Ce sont ces crimes dont il a à rendre compte devant la Cour Pénale Internationale.
Comme dans tous les génocides, Yerodia, psychanalyste de formation, recourt à la chosification, à la diabolisation de la personne des Tutsi pour effacer les hésitations de la population à tuer, ce qu'il a réussi ! Dans cette logique, il qualifie les Tutsi, et dans les médias, 'des vermines à écraser'.
Comme si cela ne suffisait pas, son Président et ami Laurent Désir é Kabila, faisait des appels pressants en vue d'exterminer les Tutsi. Nous en voulons pour preuve l'extrait de l'un de ses discours génocidaires : « Prenez les lances, flèches, armes…sinon on deviendra esclaves des Tutsi ».
L'une de nombreuses conséquences de cet appel médiatisé fut les massacres sélectifs de 300 sous officiers Tutsi congolais du camp de Kamina en 1998. Pour y parvenir, Kabila a dépêché l'ancien Chef d'Etat major à la présidence, le Colonnel Eddy Kapend avec le Médecin directeur de l'hôpital de la base de Kamina, le Major Vangu en vue d'exterminer les candidats officiers Tutsi. Ces Tutsi furent systématiquement tués par leurs compagnons d'armes à l'instigation de ces hauts responsables sous l'admiration et l'applaudissement de leurs instructeurs Tanzaniens, gagnés eux aussi par l'idéologie bantoue.
La haine ethnique contre les Tutsi, ainsi entretenue et attisé par les sommités de l'Etat ne pouvait que gagner une grande partie de la population. Au Sud Kivu, les relations entre les Banyamulenge et leurs voisins ont été plus envenimées par ces intoxications entraînant ainsi une série de tueries sélectives cycliques qui ont plongé la communauté Banyamulenge dans un deuil interminable qui dure maintenant plus d'une décennie.
• Sous Kabila II
'Tel père, tel fils' dit la sagesse populaire. Joseph Kabila qui passait ironiquement pour sérieux et compréhensif aux yeux de beaucoup de gens n'a pas tardé à prouver qu'il est réellement fils de Kabila et ainsi dévoiler sa vraie face : celle qui le fait ressembler le plus à son père. Sa ruse est ornée d'une méchanceté énorme.
Peu après l'assassinat de son père en 2000, il affiche sa ferme volonté à poursuivre l'idéologie ethnique de feu son père. Pour preuve il nomme Yerodia, criminel de renom, Vice-Président de la république bien que ce dernier soit poursuivi pour crime de génocide perpétré à l'endroit des Tutsi. Ainsi Kabila va s'investir, corps et âme, dans la négation du génocide en protégeant les génocidaires venus d'autres cieux. Plus stratège que son père, il crée et/ou encourage les médias de la haine pour nourrir de son idéologie la plus grande partie de sa population. Le site internet « www. digitalcongo.net » tenu sa sœur, les journaux comme l'Avenir et demain le Congo ainsi que la Radio-Télévision Nationale du Congo (RTNC) constituent les principaux canaux d'endoctrinement à l'idéologie de la haine anti-tutsi.
A titre d'exemple, Demain le Congo affirmait gratuitement fin 2003, que les guerres qui ont secoué la RDC depuis 1996 ont fait 3. 500 000 victimes parmi lesquelles aucun Munyamulenge ! Ce n'est pas parce que ce journal n'était pas au courant que des milliers des Banyamulenge avaient été tué mais parce que sa volonté, son souhait est de las voir exterminer.
Ah, quelle méchanceté, quelle banalisation des événements malheureux qui ont endeuillé continuellement tout un peuple ! Par ailleurs, une des associations des droits humains basée à Kinshasa a eu le courage de dénoncer, mi 2003, le ton génocidaire qu'ont adopté beaucoup d'organes de presse en RDC.
Comme pour 'décentraliser' la campagne de haine ethnique contre le Banyamulenge, les médias ainsi que la société civile de Bukavu au sein de laquelle l'Eglise catholique de Bukavu joue un rôle de premier plan, ont multiplié l'effort d'intoxication ethnique. Il s'agit notamment de la Radio Maria, de la Radio Maendeleo et de la RTNC agence du Sud Kivu.
A plusieurs reprises, ces médias ont préconisé l'extermination des Banyamulenge ou tout au moins leur expulsion comme 'solution finale'. Mais solution à quel problème ? En quoi la physionomie d'un peuple peut-elle être un problème ? Quelle est la forme morphologique qui convient pour se faire accepter au Sud Kivu ?
Suite à cette propagande haineuse par les médias, des populations innocentes Tutsi à Bukavu furent inhumainement tuées entre fin mai et mi juin 2004 par des éléments de la 10e région militaire sous le commandement du Général Mbudja Mabe. La volonté de Joseph Kabila de commettre le génocide contre les Banyamulenge se révèle également à travers la nomination des officiers à la tête de la 10e région militaire (Sud Kivu).
Après le Général Nyabyolwa qui avait reçu officiellement la mission de détruire l'ancienne armée du RCD, en utilisant tous les moyens y compris les tueries des civils innocents et les arrestations arbitraires des officiers à l'insu de son adjoint d'alors, le Colonnel Jules Mutebutsi ; c'était le tour de Général Mbudja Mabe, aussi méchant que son prédécesseur.
C'est lui qui a dirigé la réunion qui a préparé et exécuté le génocide des Banyamulenge réfugiés dans le camp de Gatumba, au Burundi. Si non comment expliquer que les auteurs du forfait de Gatumba soient venus du territoire congolais (Kiliba) où ils se sont repliés après le carnage sans être inquiétés, jusqu'à maintenant ?
Des sources dignes de foi précisent que Mbudja Mabe était entouré des Colonels Mai Mai Dunia, Kayamba et Nakabaka très connus dans la région pour leur extrémisme contre les Tutsi. Ce dernier, commandant de la brigade qui contrôlait alors Uvira n'hésitait pas personnellement à réfuter la nationalité des Banyamulenge arguant que si ceux-ci ne veulent pas 'chez eux' (sous entendu au Rwanda), il résoudra la question à sa manière. Chose promise chose due : il viole les frontières pour aller exterminer les Banyamulenge au Burundi où ils s'étaient réfugiés.
Chose criante, Kabila II a délibérément renforcé les liens avec toutes les forces négatives qui opèrent à l'Est de la RDC dont les Mai Mai, les FNL-PALIPEHUTU du Burundi, les ex-FAR/Interahamwe. Cette coalition génocidaires est responsable du génocide de Gatumba qui a coûté la vie à 166 personnes et rendus des dizaines d'autres vulnérables, incapables de se prendre en charge. Cette barbarie humaine survenue dans la nuit du 13/08/2004 a eu lieu au vu et au su de la communauté internationale, représentée au Burundi par l'ONUB dont le silence jusqu'à cette date laisse songeur.
Depuis ce forfait, le régime de Kinshasa n'a jamais posé un geste de nature à rendre justice : punir les coupables et réhabiliter les victimes. Par contre, il multiplie des actes de provocation et d'exclusion comme le refus de reconnaissance du territoire de Minembwe. Quant à la communauté internationale, elle choisi les manœuvres dilatoires au sujet des investigations au fin de soustraire les responsables de ce crime de la justice.
3. Conséquences
Il serait tout à fait hasardeux de tenter de parler des conséquences d'un génocide aussi long que planifié. Les risques de manque d'exhaustivité sont évidents. Eu égard à ce qui précède, nous nous contentons de mentionner quelques unes de ces conséquences dans les lignes qui suivent :
• La mort des milliers de paisibles Banyamulenge dont des femmes, des enfants et vieillards ;
• La multiplication des orphelins, veuves et autres groupes d'indigents ;
• La naissance et le développement d'une culture de violence au Sud Kivu qui risque de prolonger la région dans une instabilité continue ;
• L'insécurité quasi chronique ;
• L'exile dans les pays limitrophes où les conditions de vie dans les camps des réfugiés les exposent à tous les dangers essentiellement le VIH/SIDA, la famine, l'analphabétisme, etc.
• La perte de confiance des Banyamulenge dans les institutions étatiques de la RDC;
• La pauvreté liée essentiellement aux mouvements de fuites et des déplacements internes au moment des violences ;
• La naissance et le développement du sentiment de criminalité ;
• Le développement de la méfiance mutuelle entre les Banyamulenge et les communautés voisines du Sud Kivu rendant la coexistence pacifique difficile ;
• Les viols sexuels avec toutes les conséquences qu'ils comportent du point de vue sanitaire ;
• La consolidation de la culture d'impunité ;
• La destruction des infrastructures socioéconomiques et le durcissement de la pauvreté au sein de la population du Sud Kivu ;
• La destruction des valeurs humaines, garantes de harmonie sociale ;
• Etc.
4. Pistes de solution et recommandations
Au vu de ce qui précède, la société civile des Banyamulenge demande ce qui suit :
• Rapatrier tous les réfugiés Banyamulenge se trouvant en dehors des frontières nationales et les intégrer sans condition dans la gestion du pays ;
• Mettre en place la politique de bonne gouvernance (transparence dans la gestion de la chose publique, équité et égalité de tous devant la loi, participation de la population à la prise des décisions qui l'intéressent, devoir de rendre compte qui incombe aux dirigeants, sens de responsabilité, réforme institutionnelle, accessibilité et indépendance de la justice, etc.) ;
• Punir sévèrement tous les auteurs des crimes commis à l'endroit des Banyamulenge (à leur degré de responsabilité différent). Cette justice nous semble une voie obligée en vue de la réconciliation des communautés du Sud Kivu ;
• Réparer, dans la mesure du possible, le préjudice tant moral que matériel dont la communauté Banyamulenge a subi en vue de lui redonner sa dignité humaine ainsi que le goût de revivre ensemble avec les autres composantes de la population du Sud Kivu ;
• Mettre fin à la discrimination ethnique dont sont victimes les Banyamulenge à travers les médias de la haine et punir sévèrement les responsables politiques qui se sont rendus tristement célèbres dans la diabolisations des Tutsi congolais aussi bien au niveau national qu'au niveau provincial;
• Organiser une campagne publique de réhumanisation des Tutsi longtemps présentés comme la source des malheurs en RDC ;
• Reconnaître sans délai le territoire de Minembwe, base de développement pour cette communauté ;
• Mettre en place des programmes cohérents et efficaces de lutte contre la pauvreté ;
• Désenclaver les hauts plateaux de Minembwe par l'instauration des infrastructures de développement (routes, hôpitaux, écoles, …) ;
• Mettre hors d'état de nuire toutes les forces négatives opérant au Sud Kivu en vue de redonner à la population une certaine confiance et bâtir une paix durable ;
• Mettre en place une structure décentralisée de dialogue, de vérité et de réconciliation ;
• Libérer sans condition tous les officiers Banyamulenge qui sont injustement aux arrêts ;
• Procéder au mixage de l'armée sans prendre les militaires Banyamulenge en dehors de leur région sachant qu'ils sont menacés d'extermination comme le reste de leur communauté, du moins

Thursday, October 12, 2017

ALERTE GENOCIDE CONTRE LES BANYAMULENGE DU SUD-KIVU!



LARGE DIFFUSION
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- Le CNDD-FDD vient créer une Coalition de huit ethnies bantoues du Sud-Kivu pour conquérir le Sud-Kivu avec appui militaire de la milice du CNDD-FDD (Imbonerakure).
 
- Ces ethnies sont (voir carte):
1. Ba Bembe
2. Ba Bangubangu  3. Ba Shi 
4. Ba Vira
5. Ba Bwari
6. Ba Fulero
7. Ba Langa
8. Ba Langa

- L'objectif principal est de coaliser le peuple bantou contre les communautés tutsies de la région des grand-lacs.

- C'est dans cette optique que le groupe dit "des huits" appuyés militairement par les IMBONERAKURE (infiltré à partir de Ubwari) viennent de passer 3 mois à attaquer les villages Banyamulenge en tuant hommes, femmes et enfants, sous le silence de la MONUSCO.

- L'objectif secondaire est de pourchasser les rebelles burundais qui se sont implantés au Sud-Kivu pour combattre le pouvoir sanguinaire et dictatorial du CNDD-FDD.

- Mais le CNDD-FDD serait aussi entrain de créer une base arriére de repli au cas où l'opposition politique et armée venait à chasser le dictateur Nkurunziza Pierre du pouvoir.

- Un cri d'alarme est adressé à la Communauté internationale pour protéger les communautés tutsies du Sud-Kivu et d'arrêter cet élan du CNDD-FDD à vouloir répandre la haine ethnique qui aboutira à un autre génocide contre les Tutsis du Burundi. 

POUR QUE VOUS NE DITES PAS: ON A PAS SU!

Source: Theintellegencia@intelligence

Tuesday, September 26, 2017

DENONCIATION D'UN GENOCIDE EN COURS DE PREPARATION CONTRE LES BANYAMULENGE DANS LE SUD-KIVU EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

DENONCIATION D'UN GENOCIDE EN COURS DE PREPARATION  CONTRE LES BANYAMULENGE DANS LE SUD-KIVU EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
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BREF RAPPEL

Les Banyamulenge sont l'une des tribus de la République Démocratique du Congo (RDC).  Selon diverses sources historiques, ils sont arrivés dans la région qui deviendra plus tard le Congo Belge, puis le Zaïre, et finalement la République démocratique du Congo, vers 1700 en provenance notamment du Rwanda, du Burundi et de la Tanzanie.
Ils s'installèrent d'abord à Kakamba dans la plaine de la Ruzizi, puis ils se dirigèrent dans les moyens plateaux précisément à Mulenge Vers 1850 - d'où ils tirent leur nom d'ABANYAMULENGE - avant de gagner les hauts-plateaux d'Itombwe vers 1881. Ils vivent essentiellement dans la Province du Sud-Kivu, notamment dans les territoires d'Uvira, de Fizi et de Mwenga.

LES BANYAMULENGE VICTIMES DE LEUR GROUPE ETHNIQUE 

Bien que les Banyamulenge aient vécu en RDC depuis des siècles, certains groupes malintentionnés ne cessent encore et toujours d'instrumentaliser à des fins politiciennes et/ou de haine la question de leur nationalité avec un mobile de les exterminer.

Dans les années 1980 et 1990, les Banyamulenge ont été la cible de discrimination ethnique systématique conçue et téléguidée par certains politiciens de la province du Sud-Kivu. Bien qu'ils soient membres d'un des groupes ethniques de ce qui est devenu le Congo à l'indépendance,  ils se sont vu nier par moments leurs droits civiques notamment les droits d'éligibilité, d'emplois publics et privés…

Les moments les plus cruciaux de leur survie en RDC étaient en 1996. A cette époque, certains politiciens ont pris la décision de les expulser de la RDC, ordre suivi des appels à leur extermination. Ce qui signifiait ni plus ni moins le déni de leur nationalité congolaise. En tant que nationaux, cet ordre a violé le droit « général et absolu » qu'ils ont de séjourner et demeurer en RDC. Le droit international reconnaît en effet à chacun « le droit d'entrer sur le territoire de l'État dont il est le ressortissant »  et de ne pas « être expulsé, par voie de mesure individuelle ou collective, du territoire de l'État dont il est le ressortissant. Comme conséquence de cette mesure, des massacres à grande échelle contre les Banyamulenge ont été commis dans plusieurs villages de la province du Sud-Kivu. Des victimes tuées par balles, machettes, égorgées, brulées vives, jetées dans les rivières et le lac, femmes violées avant d'être tuées … se comptait par milliers : enfants, hommes et femmes, vieillards…

 Le même scenario des massacres  s'est répété en 1998 lors de la guerre déclenchée par le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). A l'époque, Monsieur Yerodia Abdoulaye Ndombasi, Directeur de Cabinet du Président Laurent Désiré Kabila a lancé une chasse aux Tutsi, en incitant publiquement les congolais à éradiquer les vernîmes Tutsi. Suite à cet appel, des Banyamulenge furent massivement massacrés au su et vue des dirigeants du pays. 

Dans la nuit du 13 au 14 août 2004, 166 enfants, hommes et femmes Banyamulenge refugiés au Burundi furent sauvagement massacrés de manière sélective et discriminée et plusieurs autres blessés à Gatumba. Selon des informations fournies par différents rapports produits sur ces massacres, il y a de soupçons raisonnables de conclure que ces personnes ont été tuées par ce qu'elles étaient des Banyamulenge.  Malgré les aveux des bourreaux notamment Agathon Rwasa, Pasteur Habimana ainsi qu'autres co-auteurs et complices Mai Mai et Interahamwe/FDLR, ils sont toujours en liberté et les victimes attendent impatiemment que justice leur soit rendue. 

D'avril à août 2017, Dans les Hauts-Plateaux d'Itombwe, plus d'une vingtaine de villages des Banyamulenge ont été attaqués et des maisons brulées par le Mai Mai, groupe armé composé par les miliciens appartenant aux tribus Babembe et Bafulero. Ces attaques ont occasionné des morts et des déplacements massifs des populations restées sans abris  et  sans aucune assistance. Selon les informations recueillies, l'objectif de ces attaques est d'obliger tous les Banyamulenge de quitter la RDC, à défaut de pouvoir  les exterminer. La liste de certains villages attaqués et incendiés est en annexe.

De février à août 2017, plus de 27 Banyamulenge éleveurs en transhumance ont été tués par balles, machettes, jetés vifs dans des rivières… dans leurs pâturages et de milliers de leurs vaches furent tuées ou emportées par ces bourreaux. Nous estimons qu'ils ont été attaqués et tués uniquement par ce qu'ils sont Banyamulenge. La liste de leurs noms est en annexe.

En Août 2017, les membres de la famille Banyamulenge de RWAPFIZI  refugiés en Tanzanie dans le camp de NYARUGUSU ont été brulés vifs dans leur tente qui a été volontairement incendiée après l'avoir aspergée de l'essence. Le père et la mère de la famille et leurs 3 enfants sont morts de suite de leurs brûlures. Selon les informations recueillies sur place, les membres de cette  famille ont été tués uniquement à cause de leur appartenance ethnique. La liste de leurs noms est en annexe.

UN GENOCIDE EN COURS DE PREPARATION

Le génocide est un processus qui se développe en étapes. Celui qui se trame contre les Banyamulenge, un certain nombre d'étapes ont été franchies. Les concepteurs et artisans de ce génocide :
bien qu'ils sachent toute la vérité, font tout pour montrer que les Banyamulenge, de par leur morphologie et leur groupe ethnique, sont différents des autres membres des groupes ethniques voisins. 
appellent les Banyamulenge, des « rwandais » ou « Banyarwanda » afin de les assimiler au Rwanda.
Commencent à déshumaniser les Banyamulenge en leur traitant de façon générale et indiscriminée des criminels, des vaches... 

Le plus souvent, le génocide est organisé et exécuté par des milices ou groupes paraétatiques pour cacher la responsabilité de l'Etat. Un certain nombre d'indices plaident en faveur de la planification du génocide des Banyamulenge. Les médias ont joué un rôle important dans la propagation de la haine. A titre d'exemple, des  Rapports du Groupe d'experts sur la République Démocratique du Congo, confirment qu'en plus des groupes armés nationaux, il existe des groupes armés étrangers notamment rwandais et burundais « à vocation génocidaire » restent présents et actifs depuis des années dans la Province du Sud-Kivu. 
Il y a en effet risque du génocide des Banyamulenge par ce que certains membres de différents groupes ethniques voisins attisent les questions identitaires par la discrimination, par les appels à la haine, ainsi que par l'incitation à la violence et à la violation des droits de l'homme. Pour simuler leur plan génocidaire, ils envoient des lettres à des autorités politiques disant que les Banyamulenge veulent les attaquer, qu'ils n'ont pas droit de faire paître leurs troupeaux, ils ne cessent de stigmatiser les militaires des FARDC d'origine ethnique Banyamulenge, ils transmettent des messages audio sur des medias sociaux faisant appel aux membres de leurs groupes ethniques d'expulser et/ou de massacrer les Banyamulenge du territoire congolais. 

RECOMMANDATIONS

Reconnaissant qu'il vaut mieux prévenir que réprimer le génocide et conscient du risque de génocide des Banyamulenge et que l'impunité constitue un facteur important  à la violation de droits de l'homme, nous lançons un cri d'alarme en recommandant que:
le Gouvernement  Congolais et la communauté internationale protègent le groupe ethnique des Banyamulenge contre le génocide, ce qui entraîne l'obligation de prendre des mesures pour prévenir un tel crime, ainsi que l'incitation à le commettre, par les moyens nécessaires et appropriés
le Gouvernement Congolais et la communauté internationale renforcent les dispositifs qui contribuent à détecter rapidement et à prévenir les violations massives, graves et systématiques des droits de l'homme en République Démocratique du Congo en général et du Sud-Kivu en particulier qui, s'il n'y est pas mis fin, pourraient conduire à un génocide des Banyamulenge.
le Gouvernement Congolais et la communauté internationale étudient rapidement et à fond les multiples facteurs qui constituent un risque de génocide des Banyamulenge, notamment l'identification des groupes ayant des comportements génocidaires ou la discrimination systématique, l'existence d'un discours haineux à l'encontre de personnes appartenant au groupe ethnique des Banyamulenge.
le Gouvernement Congolais et la communauté internationale mettent en œuvre tous les moyens et les possibilités de neutraliser et de dissuader l'action des personnes ou groupes  susceptibles de commettre le génocide des Banyamulenge.
le Gouvernement Congolais et la communauté internationale promeuvent la culture de tolérance et de non-discrimination ethnique entre les groupes ethniques, les autorités locales et traditionnelles.
MUHOZA NIYO Felix
(sé)
Maître Bukuru Ntwari wa N
(sé)

ANNEXES



Annexe 1 : La liste de certains villages attaqués et incendiés 
Gihuha1
Gihuha 2
Runywero
Migezi
Rubibi
Bikuba
Mbundamo
Gashalalo
Migina
Gatoki
Kuwigisiga
Bikuba 2
Mutara
Gatoki 2
Rubara
Gahura
Rubarati
 Kuwamasha
Gatanga
 Kuwibisiga 
Maheta
Mubikuba
Gashararo
Migina
Ngoma
Chakira
Gateja

Annexe 2 : La liste des Banyamulenge éleveurs ont été tués en 2017

Kalemie

Samuel Eunock
Rugenerwa Muzaliwa
Kazigaba Murinda
Gadi Dogo
Juvenal Gasindo 
Rugenerwa Rudabangiza 
Ngoma Osée 

Lulenge-Fizi

Semanama Rutanganda
Gifoto Nyiribushokwe
Ruhorimbere
Byabagabo Mbeni
Irakiza Gishungu
Serugo Rutenderi
Safari Kanyamisimba
Maseruka Ngabunga
Samweli Bitaruka
 Munyigunga
Serugo Mapirima
Hakimu Nzumbi
 Migezo Nyamashashi
Bufoto Yosta
Gaparo Ruramirwa
Rutanganya Muhwija
Gapapa Ruhumuriza
Bukuru Gapapa 
Cyubahiro Pacifique
Gasita Dudu

Annexe 3 : La liste des membres de la famille Banyamulenge de RWAPFIZI  refugiés en Tanzanie
Rwamfizi R Aimable 
Nyamugisha Rwamfizi Toto 
Bukuru Rwamfizi Eric 
Butoto Rwamfizi Aimé
Mwiza Rwamfizi Liliane

Saturday, August 19, 2017

L'ONU AFFIRME CEQUE TOUT LE MONDE CONNAIT SUR LA SOURCE DE LA GUERRE DU KIVU


L'article suivant est publié par le rfi: 

Le Burundi «terrain fertile pour le trafic d'armes», selon un rapport de l'ONU
(RFI 17/08/17)

Le rapport des experts de l'ONU sur la situation en République démocratique du Congo, présenté ce jeudi 17 août au Conseil de sécurité, pointe les liens entre le Burundi, en crise depuis deux ans, et la situation sécuritaire dans l'est de la RDC.

« Les plaines de Rusizi et les rives du lac Tanganyika continuent d'être un terrain fertile pour la mobilisation armée et le trafic d'armes », écrivent les experts de l'ONU dans le rapport final présenté ce jeudi devant le Conseil de sécurité (à 10h TU). Car si le rapport se concentre sur l'état de la situation sécuritaire en RDC, ses auteurs pointent également la présence de groupes armés et l'existence de trafics d'armes en provenance de pays voisins. C'est notamment le cas sur la frontière entre la RDC et le Burundi, un pays en crise depuis plus de deux ans.

Le groupe d'experts a identifié dans la province congolaise du Sud-Kivu la présence de trois groupes armés de rebelles burundais décrit comme étant « engagés dans des relations complexes avec des groupes armés locaux comme les Maï-Maï et les groupes de défense locaux ».

Trois groupes armés burundais opèrent en RDC

Il y a d'abord eu les dissidents des Forces nationales de libération (FNL)-Nzabampema, aujourd'hui responsables de petites attaques devenues quasi-quotidienne côté burundais.

Il y a également le groupe de la Résistance pour un État de droit au Burundi (RED-Tabara), dont la création a longtemps attribué au politicien burundais Alexis Sinduhije, malgré ses dénégations.

Friday, August 18, 2017

A CRY FOR JUSTICE: HE WAS BURNED ALIVE FOR BEING Banyamulenge



Those who continue to ignore, deny or choose to acknowledge the acts of hatred, xenophobia and extremism against Banyamulenge this picture speaks louder! 

How Horrible  is it! Horrible to hear it again!!!
Now the RWAMPFIZI family, Munyamulenge, were burned (burned alive) in their dwelling in the refugee camp of NYARUGUSU-Tanzania by their fellow citizens of the Bambembe tribe, all from the Fizi -DRC Zone.
This family that was composed of five people (5) including 3 children, mother and father died in infernal punishment.
So, two children lost their lives, then the third and then the mother and finally, yesterday, it was the head of the family that followed them (the father).
One wonders why one can commit this ignoble act towards a peaceful family, a family that has left its country, the Congo, to flee from death; It may be imposed on it, still tragically, in a foreign country only because it is Munyamulenge.
This reminds us once again of the disaster that hit our families who suffered the same fate in Gatumba in Burundi by Agatton RWASA where 166 innocent people were massacred.
Now, the same  the same story is repeated 13 years after the genocide in Gatumba.
We energetically condemn this kind of cruelty, this unprovoked hatred directed against All Munyamulenge, quite simple because it is of the Tutsi tribe.
We are calling on the international community, and also on human rights, not to continue to close our eyes to the sight of all these dehumanizations, this human degradation, and all these acts of barbarism against the Banyamulenge.
              Sé
 Pastor MUHOZA NIYO.



C'est fini ! 
Maintenant la famille RWAMPFIZI, Munyamulenge, incendiée(brulés vifs) dans leur habitation , dans le camp des réfugiés de NYARUGUSU- Tanzanie , par ses concitoyens de la tribu des Bambembe , tous  venus de la Zone de Fizi -DRC.
Cette famille qui était composée de cinq personnes (5) dont 3 enfants , la mère et le père sont morts  dans une peine infernale. 
Du coup,  deux enfants ont perdu leur vie , ensuite le troisième et puis la mère et enfin, hier , c'est la tête de la famille qui les a suivi(le père). 
On se demande pourquoi on peut commettre cet ignoble acte envers une famille paisible, une famille qui a quitté son pays , le Congo, pour fuire la mort;  On peut la lui imposer , encore tragiquement , dans un pays étranger seulement par ceque il est Munyamulenge.
Ceci nous rappelle une fois de plus, le désastre qui s' est abattu sur nos familles qui ont subies le même sort à Gatumba au Burundi  par Agatton RWASA où 166 personnes innocentes ont été massacrées.
Voilà maintenant, le même histoire se repète 13 ans après le génocide de Gatumba.
Nous condmnons energiquement  cette sorte de criauté, cette haine sans cause dirigées contre Tout Munyamulenge tout simple par ceque il est de la tribu tutsi.

Nous intrepellons la communauté internationale , aussi les droits de l'homme de ne pas continuer à fermer les yeux au su et au vue de toutes ces deshumanisations, de cette degration humaine , et de tous ces actes des barbaries l'encontre les Banyamulenge.
              Sé
 Pasteur  MUHOZA NIYO. Félix

Wednesday, August 2, 2017

COLONEL GAFIRITA ALEX MEURT COMME UN HERO DE LA NATION


La famille Byinshi, Banyamulenge et toute la nation Congolaise perdent encore un des nos meilleurs-le Col. Gafirita, qui mort subitement! Les mots ne suffisent pas pour exprimer l'angoisse et la douleur de nous voir encore enterré notre cher fils héro! Meurt au champ de bataille qui ne devrait pas être ni t'était l'irresponsabilité politique de dirigeants de notre pays qui laissent tous les bourreaux de la région des grands lacs s'emparer du territoire Congolais!
Col. Gafirita était bien connu pour son patriotisme et l'amour de son peuple.
Oui il faut le dire: il était spécial! Un vrai patriote. La plupart des gens aujourd'hui n’ont pas vraiment de conscience patriotique. Peu importe ce qui se passe dans notre pays tant que leur vie personnelle n’est pas affectée. Lui, ce n'était pas vraiment le cas. Il était un de très rare officiers sur qui on comptait pour le changement de notre région. 
Le peuple et la nation perdent un homme héroïque. Ainsi continue la périr de plusieurs héros de notre peuple, ce qui fait que même nos défenseurs naturels menacent de renoncer à la lutte et à l’effort. Car continuer à se faire tuer par des ennemis sans cause ça fait perdre le courager de servir un gouvernement irresponsable. Il est triste mais vrai que la nation Congolaise est victime d'une politique irresponsable, et c'est ne jamais l’abaissement de l’intelligence qui cause la ruine du peuple Congolais, mais celui de caractère de ses dirigeants politique incapable de sécuriser la nation. Quelqu'un a dit que « La force de la Cité n’est pas dans ses remparts ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses hommes ». Chez nous c'est le contraire. Mais, contrairement à plusieurs, Col. Gafirita était un homme de caractère. Il n'avait pas l'avarice, et n'était pas surtout égoïste,  ce qui characterise nombreux des gens qui pillent et volent la riche de leur pays tout simplement parce qu'ils le peuvent. C'est pourquoi aujourd'hui les gens se mobilisent pour l'honorer et aider sa famille laissée dans la pauvreté comme tout fonctionnel de l'Etat qui a servi avec intégrité.
Moi, ce qui m'attriste de plus c'est le fait que mon frère Col. Gafirite meurt pour un pays dont sa politique individualiste, matérialiste et divisioniste avec la plus part des leaders corrompues qui n’ont rien d’autre à offrir à leur nation que la haine, et les antivaleurs de la corruption. Des meilleurs soldats comme nos frères en uniformes continuent d'être victimes des complots haineux, souvent de leurs camarades ou collègues. Ils meurent d'une mort souvent incompréhensible! Le pays est devenu un refuge de tous les bourreaux régionaux qui jouissent de l'absence de l'Etat et souvent de sa complicité, et si ce ne sont pas nos familles qui en souffrent, c'est nos soldats qu'on y envoient  pour s'y être embusqués et assassinés. Les gens se demandent pourquoi l'Etat Congolais laisse les miliciens des pays voisins prendre le contrôle de plusieurs localités dans notre pays alors qu'ils victimisent toujours la population. 
Pour dire vrai, au Congo on dirait que c'est l’intérêt personnel individualiste qui est le seul fondement du pacte social surtout en ce qui concerne la classe dirigeante. C'est pourquoi on ne voit pas facilement ce qui interdirait à chacun d’en profiter au mieux de ses intérêts et de ses appétits, de se servir au lieu de servir. Cela d’autant plus que l'ambition politique de la classe politique marchande par le truchement et la corruption , fait à chacun l’obligation de voler, plus exactement de n’exister que pour jouir des biens mal acquis. 
Comme conséquence, on se retrouve au Congo entant qu'une collectivité sans cohésion sacrificielle, qui n’est qu’un agrégat sans volonté commune, anonyme et sans responsabilité politique pour la nation. 
Mais au juste ces régimes durent car ils deviennent un amas d’individus égoïstes qui souhaite être défendu par un corps militaire digne et loyal, dont l’efficience et la fidélité reposent sur le sens du devoir et du sacrifice. C'est ainsi qu'on exploite toujours les nobles sentiments et l’impécuniosité des nos frères militaires pour préserver le confort d’une masse de riches égoïstes sans idéal. 
C'est pourquoi les vrais patriotes comme Col. Gafirita qui offrent leur vie quand la Nation le leur demande, méritent reconnaissance, respect et considération, même s’ils ne font pas fortune! Il était un de ces  hommes qui constituent la plus précieuse des richesses de la Nation, car leur richesse est  faite d’humanité, d’idéal, de dépassement de soi, et surtout  de chair et de sang !
Vous allez toujours nous manqué frère honorable Col. Gafirita. 
Que ton âme Reste en Paix! 












Sunday, July 23, 2017

Les pénuries s’aggravent à Bukavu et le Rwanda suscite l’envie

Bukavu, 21 juillet 2017

A première vue, Bukavu est une ville d'eau. Ceinte de tous côtés par les rives étincelantes du lac Kivu. Traversée par une demi douzaine de rivières et autant de ruisseaux qui dévalent depuis les haut plateaux. Et pourtant, en cette période de saison sèche, qui dure jusqu'en septembre, la capitale du Sud Kivu a des allures sahéliennes. Des nuages de poussière rouge tourbillonnent dans les rues, tout le monde crache ou toussotte, les buissons de fleurs s'étiolent, les arbres naguère luxuriants se craquèlent sous le soleil. Et surtout l'eau manque, tragiquement. Même dans les quartiers huppés d'Ibanda ou de la Botte, qui accueillent la bourgeoisie locale ou les expatriés, le personnel est obligés, tôt matin, d'aller puiser l'eau dans le lac pour remplir de seaux qui seront délicatement posés dans les chambres. Les affichettes recommandant d'économiser l'eau potable ou de fermer soigneusement les robinets sont inutiles : plus aucune goutte ne suinte, tout est désespérément sec.
L'eau n'est pas seule à manquer. Dans beaucoup de voitures, des petits panneaux solaires placés derrière le pare brise captent les généreux rayons et alimentent l'indispensable outil de communication, le précieux marqueur social qu'est le portable. Car dans les maisons, fussent elles à étages, avec vue sur lac et dotées de portails hollywoodiens, l'électricité est absente ou n'apparaît que sporadiquement. Seuls les vraiment riches sont dotés de générateurs qui fonctionnent à l'essence mais dans cette ville où les fonctionnaires n'ont plus été payés depuis huit mois, où le franc congolais a perdu 50% de son pouvoir d'achat, chacun est obligé de compter ses sous et de rationner le carburant.
Cependant le miracle congolais tient bon : privés d'eau, obligés de coltiner des bidons jaunes depuis le lac ou les rivières, nos amis congolais sont habillés avec autant de soin que d'habitude, les épouses arborent chaque jour des tenues aux couleurs soigneusement assorties, vacillent sur leurs chaussures compensées et leurs talons hauts.
Certes, Marie nous souffle qu'elle améliore son ordinaire en louant des robe de mariage, en faisant tourner les toilettes entre ses amies. Lors de chaque réception robes ou costumes sont impeccables et, puisque les mariages se succèdent chaque week end, les fiancés et leurs familles veillent à s'y prendre des mois à l'avance pour louer les salles…
« Le Congo, c'est ainsi, on vit, on se débrouille… » assurent nos amis en nous faisant les honneurs de leur nouvelle maison avec vue sur lac, une demeure qui fait allègrement fi des plans d'urbanisme (à supposer qu'il y en ait…) et qui nous expliquent que tous ceux qui ont réussi à mettre un peu d'argent de côté l'investissent désormais dans l'immobilier, les banques étrangères se montrant réticentes à accepter ou à changer de l'argent venu d'un Congo placé sur la liste noire des pays à risque…
Certes, au Congo, on vit, envers et contre tout, et le miracle est quotidien. Mais on râle aussi. On épingle les puissants qui roulent carrosse, entourés de nuages de poussière, on désigne les autorités, et plus particulièrement le gouverneur et ses adjoints, comme boucs émissaires de tous les maux qui accablent la ville.
Il est vrai que Kinshasa la boulimique, où la misère est tout aussi grande, est bien loin, et que les autorités locales, à portée de main, ou de cailloux, font l'objet de tous les récits de corruption, vrais ou excessifs et représentent les boucs émissaires les plus accessibles… Pharaoniques, les chiffres qui détaillent la fortune accumulée par la famille Kabila dépassent l'imagination et l'homme de la rue mélange allègrement les millions et les milliards, retenant simplement que les ressources captées au sommet de l'Etat sont autant de moyens qui font défaut pour assurer le quotidien de chacun… Même même chez les "petits", les simples citoyens la politique st omniprésente, elle absorbe toutes les énergies. Dans l'ombre des paillottes qui protègent du vent brûlant, on discute de l'insécurité qui se répand, des morts inexpliquées, des prisons qui se vident mystérieusement, des politiciens qui créent des milices pour imposer un improbable dialogue et qui recrutent sans scrupules parmi les dizaines de milliers de jeunes sans emploi malgré leurs diplômes chèrement obtenus…
Au pays des aveugles, les borgnes sont rois… Dans ce Congo privé d'élections, où le échéances électorales reculent sans cesse, les élections présidentielles qui se dérouleront au Rwanda voisin le 4 août prochain finissent par faire rêver. Et pourtant elles seront sans surprise : le pays voisin est couvert de banderoles « Tora Kagame » votez pour Kagame, les adversaires et rivaux du « boss » qui remportera certainement un mandat de sept ans, renouvelable, sont presque invisibles, le drapeau du Front patriotique rwandais flotte partout, et chacun lorsqu'il s'agît de politique, ne s'exprime qu'à mi voix…
Au Congo, et plus particulièrement dans la turbulente Bukavu, un tel unanimisme susciterait une levée de boucliers, une poussée généralisée de scepticisme et de critiques acerbes. Mais dans la capitale du Sud Kivu en ce moment, on préfère relever que Kagame, l'ennemi d'hier, le voisin si longtemps abhorré et encore redouté, est aussi « un homme qui a une vision pour son pays , qui l'a mis sur les rails du développement. »
Et chacun d'énumérer, avec un mélange d'envie et de sentiment d'humiliation, les réalités du Rwanda d'aujourd'hui : « nos minerais sont raffinés chez eux, mais les légumes que nous consommons viennent du Rwanda ; grâce à la fibre optique, ils ont Internet partout, les routes, où la vitesse est drastiquement limitée, sont en excellent état…"
Il fut un temps où rancuniers, hostiles, humiliés par les défaites successives et l'exploitation de leurs ressources naturelles, les gens de Goma et de Bukavu préféraient faire un détour par le Burundi ou l'Ouganda plutôt que passer par le Rwanda. Tout cela est bien loin. Aujourd'hui, ceux qui le peuvent voyagent via Rwandair qui offre des tarifs très compétitifs vers l'Europe. Les sédentaires traversent une frontière ouverte jusque 22 heures pour s'en aller passer la nuit au Rwanda : à Cyangugu en face de Bukavu comme à Gisenyi en face de Goma des logements modernes sont désormais loués ou vendus à des Congolais, de plus en plus nombreux, qui travaillent dans leur pays (quand ils ont un emploi) mais traversent la frontière pour jouir, à bas prix, de privilèges devenus introuvables chez eux : eau courante, électricité, réseau Internet. Sans oublier le bien le plus précieux de tous, la sécurité, garantie dans un pays où des la tombée de la huit les militaires envahissent les rues, silencieux, disciplinés, mais arme au poing…

Source:
Le carnetde Colette Braeckman